CONDAMNATION DU PÉRIPATÉTISME
L'instruction commencée à Paris contre certains maîtres et leur enseignement, par ordre de Jean XXI, ne suivit pas son cours normal. Le Pape avait demandé à Etienne Tempier un rapport sur la situation doctrinale de l'Université. Celui-ci répondit en portant lui-même une condamnation. Il n'est pas vraisemblable en effet que le Souverain Pontife ait donné ordre à Tévêque de Paris de terminer lui-même cette affaire. Les papes considéraient l'Université comme une école au service de la chrétienté et se réservaient d'intervenir dans les questions importantes. En tout cas, il est certain que l'Eglise romaine resta étrangère au choix et à la rédaction des propositions condamnées, comme en témoignent et le caractère et le contenu de cet acte.
On ne saurait nier, après ce que nous connaissons de l'état des écoles parisiennes, que l'autorité ecclésiastique ne pouvait se dispenser d'intervenir pour mettre ordre aux agissements des maîtres averroïstes. Mais au lieu de limiter son action à cet objet, le seul qui eût sollicité l'intervention pontificale, Etienne Tempier et les maîtres séculiers de la faculté de théo- Ipgie saisirent l'occasion de prendre leur revanche contre l'école dominicaine en englobant dans la même réprobation les doctrines de Siger de Brabant et celles de Thomas d'Afjuin. Le 7 mars 1277, l'évêque de Paris porta une condamnation de 219 j)roj)ositions représentant l'enseignement de certains maîtres es arts, ainsi que; de divers livres de nécromancie et autres superstitions qui n'avaient pas un rapport bien immédiat, semble-t-i|,