‹ Siger de Brabant et l'averroisme latin au XIIIe siècleChapitre 123 sur 208 · CHAPITRE X - SIGER DE BRABANT ET L'INQUISITEUR DE FRANCE · texte numérisé non relu

CHAPITRE X - SIGER DE BRABANT ET L'INQUISITEUR DE FRANCE

brabançon vient confirmer, en quelques mots, le résultat auquel avait abouti antérieurement notre construction historique.

Enfin, un autre texte, non encore utilisé, nous fournit quelques informations supplémentaires. Nous le trouvons dans les Amtales Basileenses^ rédigées par un dominicain inconnu et contemporain des événements que nous étudions. A la date de 1277, il nous apprend que le roi de France a agi contre plusieurs maîtres qui tentaient de défendre certains articles contre la foi catholique ^ Malheureusement, le texte des Annales est établi d'après une unique et mauvaise copie de l'ouvrage, et le passage qui nous intéresse est fortement avarié. Il semble cependant qu'il faille y reconnaître que le roi de France a banni de ses états trois ou plusieurs maîtres qui soutenaient des articles en opposition à la foi catholique. Le nom d'Albert le Grand, lecteur à Cologne, qui vient immédiatement après l'indication précédente, doit s'y rattacher à un titre quelconque. Nous savons, en tous cas, que cette même année, à la suite de la condamnation du 7 mars, Albert se rendit de Cologne à Paris, pour défendre les doctrines de son disciple Thomas d'Aquin '■*.

Le bannissement prononcé contre les maîtres averroïstes de Paris, par le roi de France, comme jadis, contre Guillaume de Saint-Amour, fut porté sans doute à la suite de l'excommunication résultant du décret du 7 mars ou du défaut de comparution des inculpés devant le tribunal de l'inquisiteur.

' Rex Franciae 300 magistros pro eo, quod contra catholicam fidem quosdam articules defendere nitebantur... Albertus Magnus lector Coloniae. Mon. Gerni. Hist. Script.^ t. XVII, p. 202. Il est clair que le chiffre 300 est corrompu. Le texte primitif devait contenir tresy ou quosdam, ou quelque chose d'analogue. Si le chiffre était trois, cela répondrait aux trois maîtres averroïstes que nous connaissons déjà : Siger de Brabant, Boèce de Dacie et Bernier de Nivelles. La phrase devait se terminer par un mot qui signifie bannir ou exiler. On ne voit pas à quel autre titre le pouvoir civil aurait pu intervenir dans cette question.

^ Processus de vita S. Thomae Aquinatis, dans Acta Sanctor., 1. 1, Martii, p. 714, no 82.

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