‹ Siger de Brabant et l'averroisme latin au XIIIe siècleChapitre 171 sur 208 · INTRODUCTION XXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXIII

faire comme Renan, de s'arrêter plus spécialement sur le XII^ livre du commentaire de la Métaphysique, Il n'a d'ailleurs pas été exclusif, contrairement à ce que Renan affirme.

Quant à « mettre bout à bout les propositions qu'il ne comprenait pas ou qui sonnaient mal à ses oreilles », ce n'est là qu'une parole en l'air que Renan n'aurait pu justifier.

Notre auteur, en exposant les erreurs d'Averroès, observe tout d'abord que le commentateur a pris à son compte toutes les erreurs d'Aristote et qu'il les a soutenues avec plus de ténacité que lui. C'est ainsi qu'il a critiqué plus énergiquement les auteurs qui ont affirmé le commencement du monde. Il mérite plus de reproches qu'Aristote, parce qu'il s'est attaqué plus directement à la foi catholique (p. 8). Laissant donc les erreurs déjà mentionnées à propos d'Aristote, il inventorie celles qui sont personnelles à Averroès.

Il insiste tout d'abord, avec raison, sur la position prise par Averroès à l'égard des grandes religions positives : Judaïsme, Christianisme, Islamisme, auxquelles Averroès reproche particulièrement d'avoir accepté l'idée de la création du monde (p. 8) ; position que notre auteur résume en cette brève formule que je crois exactement représenter la pensée d'Averroès, quoi qu'on en ait pu dire récemment : quod nuUa lex est vera, licet possit esse utilis (p. 10) ; aucune religion positive n'est vraie, bien qu'elle puisse être utile. L'auteur anonyme désigne ensuite parmi les principales erreurs du philosophe de Cordoue : la négation de la connaissance des singuliers en Dieu qui entraîne la négation de la Providence (p. 9, n. 7, 9, 10), et l'unité de l'intelligence dans l'espèce humaine (p. 9, n. 11, 12, 13).

Nous ne pousserons pas plus avant l'étude des singularités doctrinales de ce traité. Ce que nous en avons dit suffit à établir que l'auteur était très informé et entendu dans la matière qu'il avait à traiter.

Nous devons aborder maintenant la question relative à l'auteur possible du De erroribiis.

Dans notre première édition, nous avons accepté, sans examen personnel, l'attribution faite de cet écrit à Gilles de Rome (p. clxxv). Nous l'avons fait surtout sur l'autorité du P. Denifle ' qui n'émet aucun doute à ce sujet. Il est vrai que Denifle n'a jamais spécialement examiné ce problème. C'est Renan qui a remis en circulation cette attribution, comme une découverte ^, en se basant sur ce seul fait que le De erroribus avait été édité déjà sous le nom de Gilles de Rome.

' Chart. Univ. Paris., I, p. 550. - Averroès et Vaverroïsme, p. 252.

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