‹ Siger de Brabant et l'averroisme latin au XIIIe siècleChapitre 34 sur 208 · CHAPITRE II — DE L'ACTION D'ARISTOTE · texte numérisé non relu

CHAPITRE II — DE L'ACTION D'ARISTOTE

Parmi les maîtres dominicains citons : Roland de Crémone \ Hugues de Saint-Cher '\ Richard Fitsacre ^ Jacques de Metz '\ Pierre de Tarentaise ^ et spécialement Robert de Kilwardby ". Ce dernier, nous le verrons, entra même directement en lutte contre quelques-unes des doctrines philosophiques de Thomas d'Aquin, en 1277 ^ D'autres maîtres, comme Raymond Marti et Richard Clapwel, ont évolué sur certains points de l'augustinisme au thomisme ®. Albert le Grand de son côté ne s'est pas affranchi entièrement de l'ambiance doctrinale de son temps * ; et l'on peut même trouver des traces de l'influence augustinienne dans un des premiers écrits de saint Thomas, nous voulons dire son commentaire sur les Sentences de Pierre Lombard, Enfin, même après l'action profonde exercée par Thomas d'Aquin sur sa famille religieuse et sur son siècle, on rencontre dans l'Ordre des Prêcheurs, à la fin du xiii^ et au commencement du xiv^ siècle, des penseurs célèbres qui côtoient l'augustinisme ^", ou ne gravitent pas

sur les points que ces maîtres attaquent. Arch. ftir Litt.- und Kirchevgesch., II, p. 227 (9), 239 (95).

* Voy. plus haut, p. 33, n. 2. Quéti f-Ech ar d, Script. Ord. Praed., 1, p. 125; Lucchini L. // beato Rolando da Cremoiia, Cremona 1886.

'' Quétif-Echard, Script. Ord. Praed., 1, p. 194; Sassen J. H. H. Htigo von St. Cher. Seine Tdtigkeit als Kardinal 1244-126^, Bonn, 1908. Au dire de Denifle, Hugues a été un des premiers commentateurs des Sentences de Pierre Lombard. Chart. Univ. Paris., I, p. 158. Son commentaire qui commence par ces mots : Juxta sanctorum traditionem quedam que unum sunt, se trouve dans les mss. suivants: Bruxelles, 11422-23; Bâle, B, II, 20 ; Leipzig, Bibl. de l'Univ., 573 ; Venise, Marciana, lat. cl. III, 83. La composition doit en remonter vers les années 1230-32.

" Professeur à Oxford, f 1248. Commentaires sur les Sentences, Par. Nat. lat. 1575 et 16389; Quétif-Echard, Script. Ord. Praed., I, p. 118.

*■ Jacques de Mandres était prieur de Metz en 1251. Qtiestiones in primiim et seciindum sententiarum, Munich, Clm, 3749. Denifle, Arch. ftir Litt.- iind Kirchengesch., II, p. 229; Gérard de Frachet, Vitae frairum, éd. B. Reichert, Lovanii, 1896, p. 98; Bal me F., Chartulatre de saint Dominique, Paris, t. III, p. 300.

* In quatuor libros sententiarum commentaria, Toulouse, 1649,4 vol. in-fol.; Quétif- Echard, Script. Ord. Praed., I, p. 350; [Mothon P. J] Vie du bienheureux Innocent V, Rome, 1896 ; Chevalier, Répertoire, col. 2259.

° In quatuor libros sententiarum, Oxford, Merton, CXXXI ; Ehrle F. Archiv fur Litt.- und Kirchengesch., V, p. 607 et suiv. ; Quétif-Echard, Script. Ord. Praed., I, 374; Pal mer R. The Provincials of the Friar-Preachers, or Black Friars of England, s. 1. n. d., p. 4-6 ; Chevalier, Répertoire, col. 2717.

' Plus loin, chap. IX.

» II« Partie, p. XXVIII.

* Albert, qui se montre si libre à l'égard d'Augustin quand il s'agit des sciences naturelles (supra, p. 43, n. 2), n'hésite pas à écrire : Augustinus cui contradicere impium est in his quae tangunt fidem et mores. Sentent., II, 13, 2.

'" Quelques critiques, constatant chez des maîtres dominicains postthomistes des influences augustiniennes, s'imaginent que ces auteurs ont subi l'action de l'école francis-

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autour de Taxe thomiste, tels Thierry de Freiberg ^, Eckhart de Hochheim ^ et Durand de Saint-Pourçain ^

Les docteurs franciscains sont universellement attachés à la philosophie augustinienne *. Alexandre de Halès ^ Jean de la Rochelle ^, saint Bonaventure ", Roger Bacon ^ Jean Peckham ^, Matthieu d'Aquasparta '° et Duns Scot ", malgré des divergences considérables sur des thèses

caine. Rien n'est moins exact. L'école augustinienne dominicaine est antérieure à l'établissement de l'école franciscaine, et ses productions théologiques de beaucoup plus nombreuses. Les maîtres dominicains augustinisants n'avaient pas besoin de chercher hors de leur ordre ce qu'ils y trouvaient surabondamment. Voy. précéd. notes ; et le catalogue des écrivains dominicains du XlIIe siècle, où un grand nombre d'auteurs ont écrit sur les Sentences, Archiv f. Litt.- imd Kirchengesch., II, p. 226 et suiv.

' Krebs E. Meister Dietrich (Theodoricus Teutonicus de Vriberg). Sein Leben, seine Werke, seine Wissenschaft. Munster, 1906.

• Déni fie H. Meister Eckeharts lateinische Schriften und die Griindanschauung seiner Lehre, dans Archiv f. Litt.- und Kirchengesch., II (1886), 417-532, 672.

• Commentaria in quatuor libros sententiarum, Paris, 1508, 1515, 1533, 1539, 1547, 1550, etc. Quétif-Echard, Script. Ord. Praed., I, p. 586.

• Eh rie dans Zettschrift filr katholische Théologie, 1883, p. 40 et suiv.; du même, Der Augustinismus, etc. dans Archiv f. Litt- und Kirchengesch., V, p. 605; Grabmann M. Die philosophische und theologische Erkenntnislehre des Kardinals Matthaeus von Aquasparta, Wien, 1906, p. 20 et suiv.

' Vacant A. Alexandre de Halès, dans Dict. de théol. cath., I, col. 772 et suiv.; Felder H. Geschichte der wissenschaftlichen Studien in Franziskanerorden, p. 177 et suiv.; Endres A. Des Alexander von Haies Leben und psychologische Lehre, dans Fhilosophisches Jahrbuch, ]888, p. 24 et suiv. Ainsi que je l'ai écrit ailleurs {Revue thomiste, IV (1896), p. 691) on ne peut, dans l'état actuel de la critique, faire appel k Alexandre de Halès pour établir l'état de la théologie du temps de ce maître, car la Somme qui porte son nom est une compilation postérieure à sa mort (1245), et où il est impossible de discerner ce qui lui revient. On ne peut pas davantage lui faire jouer le rôle que lui attribue Picavet dans la constitution de la méthode scolastique. Abélard et Alexandre de Halès, créateur de la méthode scolastique. Paris, 1896.

• Luguet H. Essai d'analyse et de critique sur le texte inédit du traité de Pâme de Jean de la Rochelle, Paris, 1875; Domenichelli T. La summa de anima di frate Giovanni délia Rochelle, Prato, 1882.

• Opéra omnia, Quaracchi, 1882 et suiv.; Smeets E. Saint Bonaventure, dans Dict. de théol. cath., II, col. 962 et suiv.

• Charles E. Roger Bacon, sa vie, ses ouvrages, ses doctrines, Paris, 1861 ; Delorme G. Roger Bacon, dans Diction, de théol. cath., II; Hadelin P. La synthèse doctrinale de Roger Bacon, dans Archiv fUr Geschichte der Piiilosophie, XX (1907), p. 196 et fuiv.

• Little A. G. The grey t'nars in Oxjord, Oxlurd, 1892, p. 154; Ehrle F. Ueber den Kampf de% Augustinismun und Aristolelixmus im i). Jahrhunderl, dans Zeitschrift fUr kathollHchc Theolojjjie, 1880, p. 172 et suiv.

" /•>. Matthtei ah A juasf)nrta quaestiones dispulatae selectae, Quaracchi, 1903; Grabmann, Die philo\n/)!iische und theologische Erkenntnish'lire des Kardinals Matthaeu» von Aquaipnrta, Wicn, 1900.

" Pluzanski E. Estai sur la philosophie de Duns Scot, Paris, 1877; Vacant ). M. A«

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