‹ Siger de Brabant et l'averroisme latin au XIIIe siècleChapitre 59 sur 208 · CHAPITRE V — CONDAMNATION DE L'AVERROISME 1 1 J · texte numérisé non relu

CHAPITRE V — CONDAMNATION DE L'AVERROISME 1 1 J

à un acte grave de l'autorité ecclésiastique. Après les nombreuses discussions soulevées dans les écoles dont nous a parlé Gilles de Lessines et relatives aux quinze propositions transmises par lui à Albert le Grand, l'évêque de Paris, Etienne Tempier, procéda à une condamnation des treize premières propositions, en abandonnant les deux dernières qui visaient l'enseignement de Thomas d'Aquin. Nous ne connaissons pas les détails de cet événement, mais il n'est guère douteux que l'acte de prohibition revêtit une solennité extérieure, et fut accompH dans une assemblée extraordinaire, en présence de l'Université réunie. Le catalogue des propositions condamnées nous a été conservé, précédé de cette courte, mais significative indication : « Ces erreurs ont été condamnées et excommuniées ainsi que tous ceux qui les auront enseignées sciemment ou soutenues, par le seigneur Etienne, évêque de Paris, l'an du Seigneur 1270, le mercredi après la fête du bienheureux Nicolas d'hiver » '. On remarquera la forme conditionnelle de la condamnation qui peut être entendue comme visant l'avenir seulement, ou comme pouvant aussi avoir un etîfet rétroactif.

Les treize propositions condamnées expriment très nettement la substance de l'enseignement averroïste, c'est-à-dire les théories fondamentales d'Aristote considérées comme erronées à la suite de l'interprétation qu'en avait donnée Averroès. Les propositions n'ont pas, sur la liste de prohibition, un groupement systématique, mais elles se ramènent sans peine à quatre chefs principaux, et il est aisé de voir le lien qui les rattache dans chaque groupe. Nous les reproduisons dans leur ordre et leur classification

' Isti sunt errores condempnati et excommunicati cum omnibus, qui eos docuerint scienter vel asseruerint, a domino Stephano, Parisiensi episcopo,anno Domini MoCC^LXXo, die mercurii post festum beati Nicholai hyemalis.

Primus articulus est : Quod intellectus omnium hominum est unus et idem numéro.

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