‹ Siger de Brabant et l'averroisme latin au XIIIe siècleChapitre 60 sur 208 · Quod humani actus non reguntur providentia Dei · texte numérisé non relu

Quod humani actus non reguntur providentia Dei

13. Quod Deus non potest dare immortalitatem vel incorrupcionem rei corruptibili vel mortali. Chart. Univ. Paris., I, p. 486-87.

\\2 SIGER DE BRABANT — ^e PARTIE

méthodiques. On verra qu'elles constituent les quatre doctrines fonda* mentales de l'averroïsme latin : Négation de la Providence divine dans Tordre de la contingence ; éternité du monde ; unité numérique de l'intelligence humaine, et négation du libre arbitre.

I. Dieu ne connaît rien hors de lui-même. — Dieu ne connaît pas les singuliers. — Les actions humaines ne sont pas soumises à la Providence divine.

II. Le monde est éternel. — Il n'y a pas eu un premier homme.

III. Il n'y a numériquement qu'une seule intelligence pour tous les hommes. — Il est faux ou impropre de dire que c'est l'homme qui comprend. — L'âme qui est la forme de l'homme comme tel se corrompt par la mort. — Dieu ne peut pas donner l'immortalité ou l'incorruptibilité à une chose corruptible et mortelle. — L'âme séparée après la mort ne peut pas souffrir d'un feu corporel.

IV. Tout ce qui se passe dans le monde est soumis nécessairement à l'influence des corps célestes. — La volonté de l'homme veut ou choisit sous l'empire de la nécessité. — Le libre arbitre est une puissance passive et non active, mue nécessairement par son désir \

La condamnation de 1270, on doit le reconnaître, atteint très directement les théories fondamentales de l'averroïsme. A raison du petit nombre des propositions visées, le contenu de cette liste l'emporte en clarté sur le long catalogue de thèses prohibées en 1277, et nous pourrons le prendre comme point de départ quand nous envisagerons l'ensemble des doctrines que l'on doit considérer comme constituant l'averroïsme latin du xiii^ siècle.

' Voy. le texte original de ces propositions à la note précédente.

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