TROUBLES UNIVERSITAIRES
La condamnation du 10 décembre 1270 et les écrits d'Albert le Grand et de Thomas d'Aquin contre les averroïstes, mettaient Siger de Brabant et ses partisans dans une situation critique. L'opposition latente entre le groupe des averroïsants de la faculté des arts et les autres membres de la même faculté semble avoir pris un caractère aigu, et créé deux partis ennemis à la suite des événements de 1270.
Les documents dont nous disposons pour retracer l'histoire des six années qui précèdent la grande condamnation du 7 mars 1277, nous permettent aisément, malgré leur petit nombre, de suivre le développement de la crise que traverse l'Université de Paris, due à la présence et à l'action de Siger de Brabant et de la minorité averroïste. L'acte d'arbitrage du légat Simon de Brion, du 7 mai 1275, qui nous fournit le récit des troubles pendant les trois années qui l'ont précédé, n'indique pas expressément que les divergences doctrinales aient été la cause des querelles intestines qui amenèrent la faculté des arts à deux doigts de sa ruine '. Mais d'autres docu-
* La préoccupation du légat étant surtout de rétablir l'unité matérielle de la faculté des arta, il semble avoir évité à dessein de toucher à ce qui pouvait renouveler le conflit. 11 n'y réussit pas, il est vrai, puisque la condamnation du 7 mars dut finalement résoudre