C. — Les cas difficiles
L’endoscope ne peut franchir un défilé étroit : sténose néoplasique ou sténose inflammatoire ? Il est souvent impossible de trancher le diagnostic.
D. — Les associations. ”
Dans les cas douteux, où l’on redoute l'association d’un néoplasme à une sigmoïdite, la rectosigmoïdoscopie peut faire la preuve de cette coexistence en montrant des aspects typiques de cancer (obs. 7).
En réalité, cette éventualité est rare, puisque dans les 9 observations que nous présentons, et où, une fois seulement (obs.4),la rectoscopie ne fut pas pratiquée,cet examen ne montra rien dans 8 cas (1, 2, 3, 5, 6, 8, et 9). Cet échec de la rectoscopie s'explique par le fait que nos malades présentaient le plus souvent des lésions sigmoïdiennes hautes, au-delà des limites de l’exploration endoscopique.
Diagnostic opératoire
Le chirurgien va donc parfois intervenir sans savoir s'il s’agit d’une sigmoïdite isolée ou associée à un néoplasme. -
En présence des lésions, le diagnostic est-il aisé ? Le
MONS OR Res 2
François a pu dire que dans les cas faciles, le néoplasme se présente comme une tumeur dure, arrondie, limitée, irrégulière, respectant le péritoine et le méso. La sigmoïdite pseudo-tumorale se présente comme une tumeur allongée, mordant sur le colon sain avec un méso infiltré et fixé.
Toutefois, ainsi que le signale Morton, il est, opératoirement, parfois impossible de distinguer entre diverticulite et cancer avec réaction inflammatoire secondaire marquée. On relève. dans la littérature de nombreux exemples de ces cas difficiles.
DELORE ET LAMBERT (Lyon Chirurgical, V, 9118 b2190); citent le cas suivant :
Il s’agit d’une malade de 48 ans, qui, en février 1908, a. présenté un abcès du Douglas pour lequel le P° Curtillet (Alger) a pratiqué une intervention de drainage. En juin 1908, le drain est enlevé, la plaie est fermée. En août 1908, cette même malade subit une cæcostomie pour un épisode d’occlusion aiguë.
En juillet 1910, la malade désire être débarrassée de son anus contre nature. Elle consulte le P' Delore : il s’agit alors d’une malade amaigrie, au teint terreux, accusant des coliques abdominales fréquentes. On relève un péristaltisme intense, et on sent au toucher « une masse vers le détroit supérieur du côté gauche ».
Delore conclut à une sténose serrée à l’union de PS iliaque et du colon pelvien, mais ne peut se prononcer sur sa nature : sigmoidite ou Cancer.
Le 15 juillet 1910, Delore opère la malade, il découvre un rétrécissement annulaire à l’union du colon pelvien et iliaque. Au-dessus, l'intestin aminci et cartonné a bien le volume d’une noix de coco. Au-dessous, il est aplati, la zone rétrécie est mobile, son méso est dépourvu de ganglions.
La vitalité du bout supérieur paraissant amoindrie, Delore abandonne l’idée d’une résection et sans pouvoir se prononcer sur la nature de la sténose pratique une colocolostomie.