‹ Sigmoidite diverticulaire et cancer associes: A propos de neuf observationsChapitre 25 sur 39 · NUAGES · texte numérisé non relu

NUAGES

Les suites en sont simples et la malade est revue en bon état général le 10 septembre de la même année. La conduite à tenir n’est alors pas évidente : s’il s’agit d'une sigmoïdite, le chirurgien peut se borner à l’oblitération de l’anus cæcal; s’il s’agit par contre d’un néoplasme, l'intervention est insuffisante, car le cancer péut gagner l’anastomose. Cette résection est pratiquée le 12 septembre. Les suites immédiates sont bonnes. Maïs le 18 septembre, la malade meurt dans un tableau d’occlusion aiguë.

L'examen de la pièce montra une virole de deux centimètres de hauteur, au niveau de laquelle la lumière était complètement obstruée. Ce n’est que l'examen anatomopathologique (Alamartine), qui prouva qu'il s'agissait d’un cancer typique.

GANGLOPHE (Lyon Chirurgical, 1911, p. 588), cite un cas où le diagnostic opératoire hésitait entre sigmoïdite et cancer du cæcum, Cette observation sort du cadre de cette étude où nous étudions seulement sigmoiïdite et néoplasme sur une même aire topographique. Mais nous avons vu des cas analogues dans le service de notre Maître, le Professeur Bertrand.

ALBERTIN (Lyon Chirurgical, 1912, p. 355), cite le cas d'une femme de 38 ans, qui se plaignait de douleurs lombaires et de douleurs intestinales, à type de coliques. Elle accusait par ailleurs des troubles de la défécation à type: de fausses envies et d’épreintes douloureuses. Le toucher vaginal fit découvrir, dans le cul-de-sac latéral gauche, une masse volumineuse, remontant dans la fosse iliaque gauche ; masse douloureuse et mal différenciée de l’utérus qu'elle semblait coiffer.

Pensant qu’il s'agissait d’une masse annexielle, responsable des troubles du transit, Albertin décida l'intervention.

L'intervention montra des annexes enflammées, principalement à gauche où elles étaient volumineuses ; mais surtout le caractère essentiel des lésions était une adhérence intime au rectum, aux parois de l’excavation pelvienne, à PS iliaque.

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Après une hystérectomie subtotale, très difficile, l’examen de VS iliaque montra un épaississement marqué de 1 cm. de long, dur, fibreux, où il était impossible par la palpation de trouver la lumière de l'intestin. Albertin pratiqua une entérectomie avec suture termino-terminale en trois plans.

Le lendemain de l'intervention (4, VII, 1912), Albertin présenta la pièce à la Société de Chirurgie de Lyon et déclara : « S'agit-il d’un néoplasme ou d’une lésion inflammatoire de sigmoïdite ? Je n’ose me prononcer, attendant le résultat de l'examen histologique ». SEA

Tavernier cita alors un cas où il pratiqua une colectomie pour néoplasme. L’examen de la pièce ne montra pas de cancer, l’histologie hésita entre lésion inflammatoire et cancéreuse, l’évolution favorable parut confirmer le diagnostic de sigmoïdite pure.

TAVERNIER (Lyon Médical, 1912, P: 725), cité le cas suivant : .

Il s’agit d’une femme de 55 ans, constipée chronique, dans les antécédents de laquelle on relève deux crises d’obstruction ayant cédé aux lavements. Cette malade présente par ailleurs des poussées fébriles avec phénomènes douloureux dans la fosse iliaque gauche. Le toucher vaginal fait découvrir une masse pelvienne assez volumineuse, douloureuse, refoulant à droite l'utérus dont les mouvements paraissent indépendants de la tumeur.

La malade entre dans le service de Villard, à l'Hôtel- Dieu, où Tavernier l’opère le 23 janvier 1912. IL découvre une tumeur de PS iliaque adhérente à l’utérus et aux annexes gauches. Il enlève, en bloc, tumeur et utérus.

L'examen de la pièce montre une sténose serrée, une masse dure du volume d’un œuf, infiltrant le méso réséqué. La muqueuse est saine, alors que les autres tuniques sont infiltrées. La tuméfaction du mésocolon est formée par de la graisse enflammée. On note par ailleurs de multiples diverticules.

Après cet examén, Tavernier conclut « à une tumeur

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inflammatoire consécutive à des diverticulites ». Mais l'examen histologique (Savy) est en faveur d’un épithélioma typique. ÿ

On connaît encore hien d’autres exemples de telles hésitations, et le dernier en date EST L'OBSERVATION DE DELoORD (de Vannes).

A la séance du 12 octobre 1953, de la Société Nationale Française de Gastro-entérologie (cité dans les Archives des Maladies de l'Appareil Digestif et des Maladies de la Nutrition, t. 43, n° 1, janv. 1954), il présenta le cas dau malade de 63 ans au long passé colitique. A

En janvier 1950, ce malade présente des douleurs très vives dans le bas-ventre ; la rectoscopie et le lavement baryté sont en faveur du diagnostic de sigmoïdite. Le repos au lit, la pénicilline et des lavements-pansements améliorent le malade.

Quelque temps après, ce même malade consulte un chirurgien qui, sur la vue des clichés, pense à un cancer et pratique le 27 mars 1950, une laparotomie qui fait décou-. vrir dans le pelvis une énorme masse adhérente et inextirpable.

L'opérateur a recours à un anus iliaque gauche et porte un pronostic fatal.

Après l'intervention, les douleurs abdominales persistent, mais l'appétit augmente et la courbe de poids est ascendante. |

En novembre 1952, de nouveaux lavements barytés montrent outre les aspects précédemment notés, de nombreuses images diverticulaires. Delord, après une rectoscopie et un nouvel examen radiologique conclut à une diverticulite.

Nous nous sommes volontairement étendu sur ces observations désormais classiques, pour montrer qu’il est souvent difficile au chirurgien sur la simple inspection de la pièce, de trancher le diagnostic entre sigmoïdite et cancer et à plus forte raison d'apprécier une cœæxistence éventuelle.

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Le Professeur Bertrand, dans les observations que nous présentons, a toujours pu trancher le diagnostic au cours de l'intervention. ;

Dans sept cas (observations 1, 2, 4, 5, 7, 8 et 9), à la simple inspection de la zone pathologique.

Dans un cas (observation 3), le diagnostic est douteux, mais au cours des manœuvres de libération, la tumeur se rompt et laisse voir des bourgeons néoplasiques.

Dans un cas (observation 6), ce n’est qu'après l’ouverture de la pièce qu’on peut affirmer l'existence d’un cancer.

Et si Morton a pu dire que seul l'examen anatomopathologique peut faire la différence entre complications diverticulaires et néoplasme, si Lewitz et Hurwitz, que seule l’histologie pouvait apporter le diagnostic exact, nous n'avons eu recours à elle dans les 9 observations que nous présentons qu’à titre confirmatif.

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