‹ Sigmoidite diverticulaire et cancer associes: A propos de neuf observationsChapitre 26 sur 39 · LES DONNEES DE L'ANATOMO-PATHOLOGIE · texte numérisé non relu

LES DONNEES DE L'ANATOMO-PATHOLOGIE

Si devant la pièce opératoire, le diagnostic reste hésitant (ce qui, répétons-le, ne se produisit jamais au cours des interventions pratiquées pour nos malades), on a recours à l'examen histo-pathologique, qui est d’ailleurs toujours systématiquement demandé.

Sa valeur a été mise en doute : « Nous ne croyons pas que ces conclusions histologiques hésitantes puissent prévalôir contre la netteté des observations macroscopiques » (Tavernier) et Savy reconnaissait qu'il existait « des cas assez fréquents où l’hésitation histologique est possible entre inflammation et cancer ».

Actuellement, grâce au perfectionnement des techniques, l’anatomie pathologique tranche toujours les cas douteux. Elle fait la preuve de lPassociation en montrant sur la zone douteuse prélevée par biopsie des aspects variables de néoplasme.

Il peut s'agir :

1° D'un épithélioma glandulaire typique (ob. 2, 4, 5, 6, 8&.et 9):

La tumeur reproduit alors l’aspect de la muqueuse intestinale et se présente sous forme de tubes glandulaires multiples et anarchiques. Au faible grossissement, l’effon-

(1) Nous devons ces renseignements à l’obligeance du D' Cabanne et de notre ami le D' Gabriel, du Laboratoire d’Anatomie Pathologique de la Faculté.

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drement de la muscularis mucosæ, la présence de tubes glandulaires au niveau des couches profondes, musculaires lisses ou sous- péritonéales, signe la malignité de la tumeur. A un fort grossissement, on remarque le caractère anarchique et monstrueux de la cellule TOR avec ses multiples noyaux en mitose.

Le tissu conjonctif peut être plus ou moins hypertrophié, constituant la stroma-réaction.

Enfin, on peut voir des éléments inflammatoires Iymphoplasmocytaire, ce qui n’étonne pas lorsqu'on sait que le cancer sigmoïdien est un cancer infecté. |

2° D'un épithélioma atypique (obs. 1, 3 et 7).

La tumeur peut revêtir un aspect atypique anaplasique évoluant suivant un mode indifférencié ou même suivant un type malpighien.

L'interprétation de ces faits est double : ou la cellule épithéliomateuse évolue pour son propre compte sur ce mode atypique, ou bien la muqueuse intestinale est déjà modifiée par une infection persistante, ce qui explique l'aspect inhabituel de la tumeur. Cette seconde explication nous paraît particulièrement séduisante dans les associations.

3° Exceptionnellement, il peut s’agir de fumeur développée à partir des éléments conjonctifs de la paroi intestinale revêtant par exemple le type de lympho-sarcome. Nous n’en avons aucun exemple dans nos observations.

4° Il en est de même de ce type particulier de tumeur, qu'est la fumeur villeuse, dont le degré de malignité est souvent difficile à préciser. En effet, ces tumeurs souvent ulcérées et infectées peuvent présenter à leur surface des cellules cylindriques souvent dédifférenciées, stratifiées, morphologiquement cancéreuses. Quoiqu'il en soit, la malignité clinique de ces tumeurs est toujours atténuée.

9° Enfin, au niveau des ganglions lymphatiques, l'envahissement néoplasique peut être constaté microscopique-

ment, l'aspect histologique étant semblable à celui de la tumeur primitive. ‘

LA CONDUITE THERAPEUTIQUE

Quel traitement proposer à de tels malades ? On serait tenté de dire qu’il n’existe pas de traitement médical et que seule l'intervention chirurgicale peut sauver ces malades.

Pourtant, le traitement médical n’est pas à négliger et il nous semble particulièrement intéressant envisagé sous le double point de vue de test thérapeutique et de préparation pré-opératoire.

Le traitement médical

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