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Les conditions mêmes de l’altération nerveuse définie par le Professeur Vincent (d'Alger), nous obligent à élargir la définition du signe décrit par cet auteur.
Il est insuffisant, en effet, de ne comprendre par signe de Vincent que l’anesthésie labiale. Les conditions mêmes de la souffrance du nerf dans son trajet intra-osseux font apparaître cliniquement des manifestations, qui bien que distinctes, doivent être considérées comme étant de même nature.
L’anesthésie complète d’une zone ovalaire de 6 à 8 millimètres de grand diamètre à mi-distance entre la commissure et la ligne médiane est le signe caractéristique décrit par Vincent.
Cette anesthésie doit être interprétée comme relevant d’une altération périnerveuse superficielle ou profonde du nerf, mais elle n’est nullement la preuve d’une destruction nerveuse.
L'hypoesthésie et l’hyperesthésie sont facilement appréciables par comparaison avec le côté sain. Elles sont plutôt le fait d’une compression du nerf.
Les dysesthésies appartiennent à des lésions situées en amont du trajet intramandibulaire, plus spécialement aux lésions tabétiques qui donnent souvent aussi de l’anesthésie.
Par contre, les troubles trophiques de la zone du nerf mentonnier sont assez fréquents au cours des affections mandibulaires de longue durée. Des plaques d’alopécie de la barbe, des plaques de pigmentations labiales inférieures ont été souvent constatées.
Quant aux altérations aiguës du nerf dentaire inférieur, comme celles qui résultent, par exemple, d’une section physiologique par injection anesthésique à l’épine de Spix, elles entraînent fréquemment une paralysie de lPhémilèvre correspondante, phénomène qui s'explique par les connections des ramifications du mentonnier avec les terminaisons du facial.