III. NÉCROSE
L'étude de la sensibilité du nerf dentaire est particulièrement intéressante dans les nécroses mandibulaires à marche lente. Le type nous est fourni par les observations d’ostéo-thorio-nécrose décrits récemments par MM. Ruppe, Lebourg et Guérin: « Ostéothorio-nécrose tardive des maxillaires ». (Revue de Stomatologie, 1935, Juillet.) ;
Le tableau est identique dans l’ostéo-radio-nécrose et dans certaines nécroses toxiques, notamment la nécrose phosphorée.
Ce sont des nécroses à évolution extrêmement lente, dont le début affecte deux types:
a) Dans un premier groupe de faits, on assiste à une mortification osseuse qui se développe à bas bruit.
Après un accident dentaire banal une avulsion est pratiquée, l’alvéole ne se cicatrise pas. Elle est le siège d’un bourgeonnement inflammatoire et bientôt apparaît du pus. Cette suppuration est peu abondante mais très fétide, et les lavages de l’alvéole sont sans effet sur elle. |
A ce moment on constate une anesthésie labiale et gingivale du côté malade.
Après plusieurs semaines de cette évolution indolore, la muqueuse gingivale se résorbe et met à nu un os nécrosé.
b) Dans un second ordre de faits, la nécrose survient au niveau d’une partie de la crête alvéolaire nécrosée depuis longtemps. Sans cause bien nette une tuméfaction apparaît. Le signe de Vincent est positif.
Quelque temps après, la gencive s’ulcère, du pus s'écoule et l’os se dénude. C’est à ce moment que commence le tableau si particulier de la nécrose,
tableau terminal commun aux deux formes décrites précédemment. La gencive se détruit sur une étendue considérable. L’os nécrosé, de couleur grisâtre, est solidement adhérent dans la profondeur et ce n’est que beaucoup plus tard qu’il s’élimine.
Aucune réparation spontanée n’est à espérer, et l’anesthésie labiale une fois constituée est définitive.