‹ Signe de Vincent (d'Alger): Etude SémiologiqueChapitre 8 sur 22 · SR TP · texte numérisé non relu

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« Or, pendant l’évolution de cette dent, il survient fréquemment des accidents septiques qui ne restent pas bornés à l’appareil dentaire et se propagent à l’os maxillaire.

« Ces altérations osseuses peuvent être limitées, et ne déterminer que de la périodontite; d’autres fois, elles sont constituées par les modifications que subit los maxillaire lui-même.

« Il survient de l’ostéite suppurée occasionnant elle-même une nécrose d’étendue variable.

« Cette ostéite et cette nécrose sont parfois localisées au voisinage du ligament alvéolo-dentaire et n’entrainent la mortification que d’une simple parcelle osseuse; ces lésions restent superficielles et n’ont pas d’action sur le nerf dentaire inférieur; même dans les cas où la mortification s’étend à une certaine longueur du bord alvéolaire, le nerf peut encore rester indemne. Il n’en est plus de même lorsque le processus inflammatoire et nécrotique envahit une portion du corps de la mâchoire; le nerf dentaire inférieur est alors compris dans la zone de destruction et ses fonctions sont immédiatement abolies.

« La constatation de l’anesthésie de la zone d’innervation du dentaire inférieur est un signe important au milieu des troubles consécutifs à l’éruption anormale d’une dent de sagesse; l’existence de ce signe permet d'établir la réalité des lésions osseuses et de préciser la profondeur des désordres subis par le maxillaire.

« Le tableau symptomatique de ces lésions n’est pas, en effet, si bien caractérisé qu’on puisse dès le début en reconnaître exactement l’étendue, et la présence d’un signe ayant l'importance de celui que je signale n’est pas à dédaigner.

« Au début des accidents qui compliquent l’éruption d’une dent de sagesse, il n’est pas toujours facile

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d'établir la part de ce qui revient aux parties molles et aux parties dures, et l’on éprouve souvent une certaine hésitation à localiser uniquement dans les gencives ou sur les muqueuses des joues, des piliers et des amygdales, les phénomènes inflammatoires qui peuvent en même temps atteindre le tissu osseux.

« La constatation du signe dont j'ai parlé apporte une lumière complète dans l’obscurité des premiers accidents, et permet d'affirmer que le maxillaire est frappé d’ostéite et que la nécrose est menaçante; il ne peut plus rester d’hésitation sur la nature des lésions et en même temps sur leur profondeur.

« C’est qu’en effet l’anesthésie du dentaire n’existe pas dans tous les cas d’altération du maxillaire inférieur; l’ostéite peut atteindre certaines parties de cet os et aboutir à leur nécrose sans que le cordon nerveux soit lui-même altéré. J’ai déjà dit que la nécrose se limitait parfois au seul bord alvéolaire, que ces lésions étaient éloignées du nerf et que celui-ci restait indemne; donc si la plaque anesthésique est un indice certain de la participation de l’os aux phénomènes pathologiques, son absence montre aussi que, si l’os est atteint, il ne l’est que superficiellement et que la nécrose a épargné le centre du corps maxillaire.

« La conservation des fonctions de ce nerf m'a précisément permis de diagnostiquer des lésions limitées du maxillaire dans un cas où la vivacité des phénomènes du début pouvait faire craindre une nécrose plus étendue, et l'événement a confirmé cette appréciation. »

D'autre part, un élève du professeur Vincent, Constantin Alguier, indique dans sa thèse sur les « Nécroses du maxillaire inférieur » (1900), « l’existence de ce signe caractérisé par l’anesthésie du territoire innervé par le nerf mentonnier; c’est-à-dire : les faces antérieure et postérieure de la lèvre inférieure sur

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une zone étendue entre la ligne médiane et la commissure labiale du côté atteint, ainsi que la surface gingivale correspondante. »

Il a observé ce signe dans toutes les nécroses du maxillaire, atteignant le canal dentaire et produisant la destruction du nerf dentaire inférieur que ce canal abrite, quelque soit l’étiologie de ces nécroses.

« Le signe de Vincent, quand il sera constaté, indiquera la nécessité d’une intervention rapide et dirigera l'attention surtout du côté de la face interne de la branche montante et du corps de l’os dans sa partie postérieure. » k

Signalons encore que M. Gornouec, dans un rapport présenté au 5° Congrès international de stomatologie (1927) sur « L’ostéomyélite aiguë », mentionne la valeur exceptionnelle du signe de Vincent comme signe de probabilité dans l’ostéomyélite aiguë.

« L'apparition du signe de Vincent indique à coup sûr une compression ou une destruction du nerf dentaire inférieur. Inconstant, il acompagne, surtout, les lésions des deux tiers postérieurs de la branche horizontale qui correspond aux molaires. »

Ce court historique montre l'importance du signe que nous nous proposons d'étudier.

Pour comprendre toute la signification de ce signe, nous envisagerons successivement

1° L’anatomie normale.

2° L’anatomie pathologique et la physiopathologie. 3° La clinique.

4 L'évolution de la lésion du nerf dentaire.

5° Le traitement.

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