ANATOMIE NORMALE
Dans ce qui va suivre, nous ne croyons pas devoir nous attarder sur la description détaillée du maxillaire inférieur. Nous le ferons dans la mesure où les rapports entre le nerf dentaire inférieur et le canal qui l’abrite peuvent expliquer le retentissement des lésions du maxillaire sur le nerf.
Le maxillaire inférieur, comme tous les os plats es‘ constitué d’une partie centrale de tissu spongieux à mailles plus ou moins larges, cette masse centrale étant entourée d’une couche de tissu compact.
Chez l'adulte, la lame de tissu compact s’épaissil au fur et à mesure que l’on se rapproche de la région molaire. Epaisse de 1,5 millimètre dans la région incisivo-canine, elle varie entre 3 et 5 millimètres au niveau des molaires.
On trouve le maximum d’épaisseur de tissu compact au niveau de la dent de sagesse, dans la partie haute et externe de la branche horizontale (extrémité postérieure de la ligne oblique externe).
La structure de la branche montante ne diffère en rien de celle de la branche horizontale, sauf dans la partie située en arrière de l’épine de Spix où lon observe la disparition du tissu spongieux.
À l’intérieur de cet os, dont nous venons de voir la structure, est creusé le canal dentaire inférieur. Ce canal commence sur la face interne de la branche montante et se dirige en bas et en avant, en décrivant une courbe concave en avant et en haut.
Le canal dentaire inférieur n’est pas toujours très
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apparent; tantôt c’est un conduit à parois nettes, tantôt c’est un simple trajet à travers les mailles du tissu spongieux. Suivant M. Olivier, dans l’étude qu’il fait du canal dentaire inférieur, il résulte que, dans 60 pour 100 des cas, le canal dentaire inférieur est nettement individualisé dans le tissu spongieux, à la manière d’un tunnel à parois épaisses. Dans 40 p. 100 des cas, ce canal est beaucoup moins apparent et les éléments du paquet vasculo-nerveux dentaire inférieur «.semblent simplement se creuser un passage dans le maxillaire inférieur sans cheminer tous dans un tunnel commun » (Olivier).
Les rapports du nerf dentaire inférieur avec le maxillaire et les dents qui s’y implantent ont besoin d’être précisés. Il ne suffit pas de dire que ce nerf, après s'être placé entre la branche montante du maxillaire inférieur et le muscle pterygoïdien interne, pénètre dans le canal dentaire, le parcourt dans toute son étendue et sort par le trou mentonnier, pour se partager au-dessous du carré du menton en un grand nombre de branches terminales; il faut encore étudier sa place exacte dans l’épaisseur de l’os et les contacts plus ou moins intimes qu’il prend avec les racines dentaires.
On peut facilement se rendre compte du trajet du nerf dentaire en étudiant une série de coupes transversales, faites d’arrière en avant, sur le maxillaire inférieur et spécialement préparées pour cela par un séjour dans de l’eau additionnée d’acide azotique. On constate que le nerf est, au moment de sa pénétration dans le canal osseux, d’abord en contact immédiat avec la lame interne de l’os. (Ch. Ruppe.)
Il conserve cette position jusqu’au niveau de la troisième grosse molaire; à partir de là, il tend à se rapprocher du milieu du tissu spongieux situé entre les deux lames compactes; mais ce n’est qu’au niveau de la première grosse molaire qu’il se trouve
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exactement sur la ligne médiane de l'épaisseur de los; il en résulte que ce nerf a un trajet oblique de dedans en dehors et qu’il se trouvera d’autant plus exposé à subir le contre-coup des altérations limitées à la face interne du maxillaire que celles-ci siègeront plus en arrière.
On voit ainsi que le nerf dentaire est superficiel, contigu à la lame compacte interne dans la première partie du canal; puis qu’il s'enfonce progressivement dans le tissu spongieux à partir de la dent de sagesse jusqu’au dessus de la première grosse molaire où il occupe le centre.
Il importe également de chercher les rapports, que les dents elles-mêmes, présentent avec le nerf dentaire inférieur.
On note le rapport intime que ce nerf offre avec la dent de sagesse; on peut voir qu’il est presqu’au contact des extrémités des racines de cette dent; il en est seulement séparé par la paroi très mince de l’alvéole et par le périoste alvéolo-dentaire; parfois même il passe à travers les racines de la dent de sagesse.
A mesure que le nerf dentaire se porte en avant et qu'il s'enfonce davantage dans l'épaisseur du tissu spongieux de l’os, le cordon nerveux s'éloigne de plus en plus des racines dentaires.
Au niveau de la deuxième grosse molaire, il en est éloigné de 5 millimètres.
L’écartement est plus considérable encore, au-dessous de la première grosse molaire : 6 millimètres; puis, le nerf se redresse en décrivant une courbe à concavité supérieure et arrive au-dessous de la deuxième prémolaire.
Il passe entre les racines des deux prémolaires en contournant la racine de 5 pour sortir par le trou mentonnier. Il s’'épanouit ensuite dans la lèvre sous le nom de nerf mentonnier.
Cet aperçu anatomique fait comprendre que ce sont surtout les lésions inflammatoires et nécrotiques, développées sur la moitié postérieure de la face interne du maxillaire, et aussi celles qui proviennent des deux dernières grosses molaires, plus particulièrement de la dent de sagesse, qui pourront toucher le nerf dentaire inférieur et provoquer son altération.