‹ Silhouettes allemandesChapitre 12 sur 13 · MAXIMILIAN HARDEN · texte numérisé non relu

MAXIMILIAN HARDEN

Un marchand de Berlin, un juif nommé Witkowsky, voyait vers 1860 péricliter ses affaires. Le 20 octobre 1861, il eut un fils auqifêl il donna les noms de Maximilian- Félix-Ernest et sur lequel il fonda vite de grandes espérances. II lui fit faire ses éludes au gymnase français, o.ù tous les cours étaient faits en français mais, épuisé par les tracas, les soucis et les chagrins, le marchand .mourut. A sa mort la famille changea de religion et de nom. Maximilian choisit le nom de Harden, Il devait Tillustrer.

Ilaximilian cependant avait un caractère qui s'accommodait mal avec les idées de sa

famille et, incapable de réfréner ses goûts §t de se plier aux exigences dfe la vie qu'on voulait lui faire mener, il se sauva de la maison familiale, à peine âgé de quatorze ans, et se fit engager par une troupe d'acteurs ambulants pour jouer les rôles principaux des classiques allemands.

Doué d'une mémoire excellente mais surtout d'une intelligence très vive qui le mettait bien au-dessus de ses compagnons, il eut dans tous les rôles qu'il tint des succès qui le firent l'étoile de la troupe. Succès qui ne devaient pas s'accompagner de beaucoup de confort, l'existence des acteurs ambulants étant précaire.

Harden voyagea dans toute l'Allemagne en roulotte, se plaisant à la vie nomade et pittoresque des voyages lents et parfois pénibles.

Il demeura un an avec la troupe qui Fadorait ; mais la police, qui le recherchait, ie découvrit et le rendit à sa famille. Les Beaux jours étaient finis. On voulut lui

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donner une situation plus stable que celle d'acteur «de théâtre forain ; on le mit dans les affaires. Il y demeura peu, alors que son frère s'y fit une position enviable et devint, sous te nom de Witting, directeur de la Banque Nationale d'Allemagne. Son esprit indomptable de la première jeunesse n'avait pas abandonné son indépendance et sa ténacité alors qu'il vieillissait. Bien au contraire. Il aimait trop le théâtre pour le théâtre lui-même et non i>as pour les applaudissements et les succès faciles ; il ne pouvait y renoncer sur commande. Il redevint acteur et, pendant sept ans, il joua un peu partout, beaucoup de choses, intrépide, consciencieux, montrant un don merveilleux de critique, de metteur en scène. Soudain il se mit à écrire. En 1887, sous le pseudonyme Apostata, il écrivit des essais dans différents journaux et revues. Ses articles ne passèrent pas inaperçus ; on y découvrait déjà toutes les qualités et tous les défauts qu'il devait mettre en liimière plus

tard : une combativité perpétuelle, un besoin de logique, un esprit critique et souvent paradoxal, une impartialité qui ne lui laissait respecter personne, un entêtement très crâne, très audacieux lui faisant braver les plus terribles colères et les ressentiments des plus puissants. Cinq ans après avoir disséminé ses efforts littéraires dans différents organes^ il fonda (en 1892) la Zukunlt (L'Avenir).

Voilà vingt-trois ans qu'il est son maître, vingt-trois ans que chaque semaine il écrit un long article qui est le morceau principal du journal. C'est un labeur énorme ; plusieurs fois il lui est arrivé de publier des numéros dont les quarante-huit pages étaient toutes de lui, à la grande joie de ses kcteurs qui attendent avec avidité ses révélations et ses critiques et qui lui demandent de les éclairer sur tous les sujets.

Dans le premier numéro de la Zukunlt (P' octobre 1892) Maximilian Harden attaquait violemment la presse allemande. II

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disait notamment : « Si la presse n'était la cause de malheurs, si elle ne faisait que me diffamer et n'essayait que de m'étouffer ou de hurler à mort alternativement, je ne tenterais pas pour cela quelque trait de plume, mais parce qu'elle a édifié à Berlin son magasin de couleurs, son temple de faussaires, parce qu'elle abêtit et corrompt un million de gens, je veux combattre ici ce nouveau Bel — pour cette raison seulement — je lui déclare la guerre, sans pitié, et je crie bien haut puisque le chœur des faussaires m'y oblige. Ne les croyez pas, necroyez aucun mot, car ce Bel qui a l'apparence de l'airain n'est au fond qu'en gélatine et n'a jamais encore mangé quoi que ce soit. »

Avec un tel programme, une telle verve, une telle indépendance, Maximilian Harden devait se faire et se fît beaucoup d'ennemis, mais il se créa du même coup un noyau de suivants fidèles, prêts à adopter toutes ses vues et toutes ses idées. Il étonna d'abord

par son courage : ce que personne n'avait osé jusque-là, lui le faisait et le récidivait- Bien que la popularité de Guillaume fût à son apogée, il critiquait sans ménagement les faits et gestes du souverain. Son audace dépassait tout ce qui avait été vu jusqu'alors, mais comme elle s'accompagnait de vérités et que les critiques étaient énoncées avec talent, il n'y eut pas que les mécontents qui prirent plaisir à lire les brochures hebdomadaires de la Zukunlt.

Les gens graves, posés, réfléchis, voulurent savoir ce que le polémiste décidait^ jugeait, déchirait, et, bien vite, Harden eut non seulement une clientèle de lecteurs, mais son influence grandit, grossit. Ses adversaires mêmes en Allemagne reconnaissent que son opposition a eu des résultats importants, et que la nation doit avoir pour lui de la gratitude» car il a réussi plus d'une fois à contenir les sautes de caractère de Guillaume, à contrarier les plans de certains esprits malfaisants.

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La princesse Charlotte von Meiningen — sœur de l'empereur — sachant que Harden était un respectueux admirateur de Bismarck, fit en sorte de le rencontrer chez le fameux docteur Schweninger, médecin du chancelier dé fer. La sœur de Guillaume se montra fort aimable envers l'écrivain qui ji'était jamais tendre pour son frère.

Les relations de Bismarck et de Harden furent très cordiales. On raconte que, lorsque Bismarck reçut de Guillaume en guise de cadeau de réconciliation une bouteille de 3teinberger, il dit à Harden qui était ce jour-là son hôte :

— Nous la boirons ensemble, car ,vos intentions à son égard sont aussi généreuses que les miennes.

Toute sa vie Harden a gardé le culte du chancelier de fer et dans une longue étude il a retracé la vie et l'œuvre de son idole.

M. Henri Guilbeaux, qui, dans La Nou-

velle Revue (1), a publié un intéressant article sur Harden où on trouvera de justes appréciations sur le polémiste-critique littéraire, écrit à ce sujet :

(( Il a retracé la carrière de Bismarck avec là ferveur dont est capable tout bismarckien, mais aussi avec l'intelligence, la lucidite que manifeste tout homme de culture étendue, tout homme en contact permanent avec les hommes et les idées. Il nous conte en particulier la querelle entre Timpulsif, prétentieux et brouillon Guillaume II et le fondateur et organisateur réel de Tempire

(1) 1" juillet 1913. — Le Berliner Tageblatt du 27 janvier 1916 parle ainsi de M. Guilbeaux : (( Sous le titre Demain vient de paraître à Genève le premier numéro d'une revue française bi-mensueUe, qu'il y a )ieu de signaler. L*éditeur en est récrivain Henri Guilbeaux, qui peut passer pour un connaisseur et un ami de l'Allemagne. Dans l'avant-propos imprimé servant de programme, Guilbeaux exprime l'intention « de ne pas entrer en lice (einzutreten) pour la haine et les. préjugés, mais pour l'humanité et la vérité. » Il dit encore : « Comme la guerre ne durera pas éternellement et qu'il viendra un moment où la paix sera rétablie, nous voulons d'ores et déjà préparer la reprise des relations entre les peuples. »

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allemand — depuis le jour où, prince de Prusse ayant à peine dépassé la vingtième année, le premier adressait au second, presque septuagénaire, sa photographie accompagnée de ces mots « cave :

adsum ! » jusqu'en mars 1890, où il prononce publiquement et emphatiquement ces paroles significatives : « Ceux qui s'opposent à mon œuvre, ceux-là, je les broie »

et se sépare du vieux serviteur qu'il remplace par Caprivi. »

Harden fut longtemps un assidu, toujours très bien accueilli, de Friedrichsruh, la retraite du chancelier de fer. Celui-ci avait compris la valeur du jeune pamphlétaire et au moment où il se trouvait délaissé, au moment où il comprenait qu'il allait disparaître, il croyait ne pas pouvoir mieux choisir comme confident, comme héritier de ses ressentiments, de ses haines et de ses vengeances que le fondateur de la Zukunlt. Les terribles secrets que Bismarck connaissait, les documents innombrables qu'il possédait,

Harden les apprit, les consulta. Sa force est immense, et le rôle qu'il peut jouer est insoupçonnable. Guillaume le sait bien qui redoute la plume et Téloquence de celui que dans une certaine presse allemande on appelle « le matamore ».

Plus tard, Harden, historien et critique littéraire, éclipsera Harden polémiste dont la célébrité est pour Tinstant la plus grande. On rappellera la série de ses portraits, on n'oubliera pas de mentionner qu'il fut le premier à aider Reinhardt. Un des vœux les plus ardents de Harden a toujours été que le théâtre allemand devienne pour le peuple un enseignement en quelque sorte obligatoire, car il croit que le théâtre doit être le profitable moralisateur aussi bien des riches que des pauvres, que le théâtre doit être une institution nationale.

On vantera aussi plus tard, lorsque les querelles du jour seront oubliées, la façon dont Harden savait évoquer les "choses contemporaines, sa maîtrise de style, sa

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force, sa vigueur, son ironie froide et cinglante et sa connaissance parfaite des caractères des différentes classes de la société. Une de ses qualités à coup sûr est la sincérité. Il adressa une fois à un de ses amis une photographie de lui qu'il signa de cette phrase de Mirabeau parlant de Robespierre : « Il croit tout ce qu'il dit. » C'est une des causes du succès du polémiste. Il croit tout ce qu'il dit et il a le courage de dire tout ce qu'il croit.

Ce courage lui a valu des ennuis passagers : il fut par deux fois condamné à six mois d'emprisonnement et purgea ses peines à la forteresse prussienne de Weichselmûnde. On dit qu'au début de la guerre, il fut forcé de s'exiler. Son journal la Zukunlt a été plusieurs fois saisi ou suspendu.

Ce qui demeurera la grande œuvre de Harden polémiste, c'est la campagne qui se termina par le procès Eulenbourg. Pour la circonstance, il trempa sa plume dans le

vitriol. On sait trop en quoi consista cette affaire pour le rappeler en détail ici : (1). Harden dénonça les mœurs infâmes des favoris de Guillaume II. Le Kronprinz soumit à son père la suite des révélations de Harden.

Plusieurs longs procès suivirent au cours desquels furent étalées toutes les turpitudes et lès hontes d'une certaine noblesse jusquelà toute puissante. M. Frédéric W. Wile, lorsqu'il écrivit une étude sur Harden dans Les hommes autour du Kaiser, demanda au polémiste de donner sa propre version de Tépisode avec lequel Thistoire Tidentifiera surtout. Harden résuma l'affaire avec une lucidité caractéristique :

« Dans l'affaire Eulenbourg et Compagnie, répondit Harden, les hommes que j'avais combattus ouvertement et pour des motifs purement politiques tentèrent de me forcer à m'en tenir au vague et à la déclaration que j'avais faite et qui à ce moment

(1) Le Kronprinz, page 136.

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n'était compréhensible que pour euxmêmes. Ils pensaient qu'il serait impossible de formuler mes insinuations devant un tribunal. Ceci me força, après les avoir épargnés plus qu'assez, à produire les preuves.

Je le fis à contre-cœur, les ayaijt souvent avertis. Vous savez le reste. »

La scandaleuse affaire provoqua un retentissement énorme en Allemagne ; aujoiu*d'hui elle n'est pas oubliée, mais le silence s'est fait autour des tristes héros qui cherchent dans la retraite à faire oublier leur influence néfaste de naguère. Harden est sorti grandi, aux yeux du peuple allemand tout entier, de procès où tout d'abord il tint la place d'accusé. Son renom avait augmenté, le nombre de ses ennemis avait pu s'accroître, le nombre de ses admirateurs avait doublé.

La guerre survint ; elle trouva Harden à son poste de combat. Avec crânerie, il continua son œuvre de censeur. Il ne cessa pas une minute d'être allemand, .mais il sut

être à l'occasion impartial, humain, Joyal, c est-à-dire anti-prussien.

Dès le début de la guerre, Harden demanda avec insistance aux autorités de révéler la vérité tout entière à la nation et critiqua \es communiqués monotones et trop optimistes du grand quartier général. Dès décembre 1914, il écrivait :

« Nous devons aimer la vérité, nous devons demander que rien ne nous soit caché. La lutte est beaucoup plus âpre que la plupart d'entre nous ne pensent. Nous avons eu d'agréables surprises, mais elles furent suivies d'amers désappointements.

Une entière génération de jeimes Allemands a été anéantie ou estropiée. Des centaines de milliers de personnes demeurées chez elles sont en deuil ; des millions ont été plongées dans l'angoisse. »

Au début du mois d'août (1915) des dépêches datées de Copenhague annoncèrent que Maximilian Harden avait traversé cette ville, se rendant incognito dans le nord de la

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Suède pour y passer « un congé forcé d'une durée indéfinie ». La presse Scandinave, tandis que les journaux berlinois gardaient le plus profond silence au sujet de Harden, annonçait que le polémiste avait été chassé d'Allemagne et se rendait en exil pour avoir loué l'Italie de se tourner contre son ennemie héréditaire, l'Autriche. Cependant, un journal allemand, les Kieler Neuesle Nachrichten, pubha un soi-disant télégramme d'Italie, via la Suisse, citant le Giornale d'Italia et donnant cette information fantastique :

« Nous remercions Harden du fond de nos coeurs. C'est lui qu'on devra élire comme premier président de la République italienne, avec M. d'Annunzio comme président du Conseil. »

Le correspondant du New-York Woiid, M. Karl H. von Wiegand, a donné dans ce journal (20 octobre 1915) le récit d'une entrevue qu'il venait d'avoir avec Maximilian Harden. Il trouva le polémiste dans sa villa

du Grunewald, et remarqua que Harden s'entourait de portraits de Bismarck et de photographies dédicacées du chancelier de fer. Le directeur de la Zukunlt déclara :

« Il est temps de susciter une halte dans cette boucherie cruelle d'êtres humains ; mais qui la suscitera ? Où se trouve, dans le monde, le grand homme avec le courage, le cerveau, Fénergie, la puissance et l'inspiration susceptibles d'amener les nations belligérantes à la réalité et à terminer ce cauchemar ?» .

Puis Maximilian Harden ajouta : « Pour ce qui est de leur but dans cette guerre, l'Angleterre, la Russie, la France et l'Italie sont battues, mais ne sont pas encore convaincues de cette réalité. » C'est une appréciation. Harden en fait de si nombreuses qu'il peut bien parfois se tromper.

Il raconta ensuite à M. Karl H. von Wiegand les erreurs des Alliés dans les Balkans, erreurs qui datent du début de la guerre. Ce thème, Harden le traite fréquem-

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ment ; il a spécialement étudié la question et est arrivé à cette conviction que les empires centraux n'avaient, dans les Balkans, aucune sympathie ; le peu d'habileté des diplomates alliés a négligé des occasions qui ne se représentèrent plus. Au moment même où il recevait le correspondant du World, il publiait dans la Zukunlt un article qui remplissait le numéro- entier et qui traitait des questions d'Orient. Un peu plus tard, dans la seconde semaine du mois de novembre (1915), il fît, à Hambourg, une conférence — car il est excellent orateur et conférencier — sur l'argument que « la bonne situation militaire allemande est due aux fautes des Alliés ». Le 7 décembre, il prit la parole dans le grand hall de la Société Philharmonique de Berlin ; il parla encore des fautes des AUiés, mais ajouta des vérités assez nouvelles pour un auditoire allemand. Il n'hésita pas à déclarer que « qiiant à présent, un succès complet contre un, un seul, des principaux ennemis de l'Allema-

gne — il ne s'agit guère de parler de tous réunis — n'a pas été obtenu. Bien que la lutte se déroule sur des sols étrangers, ce n'est pas encore la victoire ». Et Harden termina sa conférence en constatant : « Nous vivons avec trop de luxe ».

On cria au pessimisme en Allemagne, mais Harden, on le sait, n'est pas homme à se laisser intimider. Quand il a une idée, ij la mûrit, puis il l'énonce, puis il la soutient ; il ne se soucie pas *^de plaire ou de déplaire à un groupe, à une coterie, à un gouvernement, à ses concitoyens, aux adversaires de son pays. Aussi ses arguments sont-ils parfois déconcertants. Au mois de décembre 1915, il osa rendre un hommage éloquent à l'admirable héroïsme des Serbes et exaller « la sentimentalité des latins pour lesquels l'honneur est tout et qu'aucun avantage matériel ne pourra détourner de faire ce que l'honneur leur impose ».

On annonça que la Zukiinlt était interdite (sur les suggestions de von Biilow), suspen-

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due après la publication de cet article, et que Maximilian Harden allait faire paraître son journal en Suisse. La nouvelle ne se réalisa pas. La suspension a été levée. Mais après avoir vanté « la sentimentalité des latins », Harden, dans une conférence prononcée à Berlin au début de février 1916, soutint une autre thèse et menaça — avec quelque retard — les Français du déchaînement de la barbarie allemande. La conclusion de cette conférence était : « Si en France on croit que le rétablissement de la paix n'est possible que par la restitution de TAlsace-Lorraine et si la nécessité nous oblige à signer une telle paix, les 70 millions d'Allemands la déchireraient bientôt. Nous crions à nos ennemis : « Voua ne pourrez réaliser votre rêve qu'en passant sur le cadavre de l'Europe. » Nous proclamons que s'ils ne veulent pas nous entendre la guerre commencera seulement pour nous et nous la ferons sans merci, sans plus tenir compte de rien, sans nous soucier des accusations

de barbarie. « Tous tes moyens » seront employés avec enthousiasme contre ses ennemis par te peupte aîtemand. Nous en reviendrons aux époques sauvages où rhomme était un loup pour Thomme ! »

Qui peut se montrer barbare est barbare !

Harden a donc ^n le courage d'avouer la barbarie de tout le peupte allemand, comme précédemment il avait eu le courage de vanter l'héroïsme des Serbes. Le courage impartial est trop rare au pays du Kaiser pour ne pas étonner et surprendre. C'est pourquoi les Anglais ont baptisé Harden le « Hun honorable » et M. Jean Richepin n'a pas craint d'écrire sur Harden dans Vlntransigeant (1" décembre 1915) un article dont te titre inattendu était « Celui que j'aime »•

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