‹ Silhouettes allemandesChapitre 6 sur 13 · LE COMTE FERDINAND VON ZEPPELIN · texte numérisé non relu

LE COMTE FERDINAND VON ZEPPELIN

Il est né à Constance, dans le grand duché de Bade, en 1838. Il descend d'une vieille famille du Mecklembourg et cependant il a du sang français dans les veines.

Sa grand'mère paternelle était française, champenoise, elle s'appelait Mauclair. La mère du comte, une demoiselle Macaire, était née à Genève, de parents français, des calvinistes réfugiés originaires de Pont-en- Roy ans.

Le comte Ferdinand fut reçu à l'Ecole polytechnique de Stuttgart, étudia ensuite les sciences à l'Université de Tubingue, puis entra dans l'armée wurtembergeoise.

Tout jeune, il avait fait un voyage en Amé-

rique. Devant le Niagara, il avait remarqué, au pied des chutes, parmi les tourbillons, un petit morceau de bois qui, entraîné par les rapides, était allé s'échouer sur un récif ; Tambition lui vient dlmiter le morceau de bois ; il ôte sa veste, pique une tête ; on le voit se débattre au milieu des remous ; on le croit perdu, il accpste le rocher, y reste dix minutes à contempler la cataracte qui, de là, est fort belle, puis, se livrant au courant, regagne le bôrd^un peu plus bas.

En 1863, lieutenant de cavalerie, il prend part à la guerre américaine comme attaché militaire wurtembergeois à Tarmée de rUniôn. Au combat de Fredricksburg, il fut environné par des adversaires ; il ne dut son salut qu'à son talent d'écuyer.

Ce fut pendant cette guerre que von Zeppelin acquit du goût pour Taérostation.

Il fit de nombreuses ascensions en ballon captif et il rêva dès cette époque d'un gigantesque vaisseau aérien qui transporterait

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à travers Fespace, sans souci du vent et du mauvais temps, de nombreux passagers, qui jetterait du haut du ciel sur les armées, les bateaux ou les forteresses ennemis Teffroi «t la mort.

Sous le nom de comte Steiner, il fît le 9 août 1863 une ascension à Saint-Pau) {Minnesota). Il avait invité le gouverneur, Alexander Ramsey, à venir avec lui. Le gouverneur, trop occupé, avait autorisé sa fille Marion -(aujourd'hui Mrs C. E. Furness) à accompagner le pseudo-comte Steiner. L'ascension fut accomplie avec un ballon qui d'habitude servait de ballon captif à un officier. Elle ne fut marquée par au- <;un incident. Mais il convient de la signaler, car ce fut la première que fit le comte alors âgé de vingt-cinq ans et c'est elle qui lui donna, il Ta déclaré lui-même, le goût de Taérostation.

Von Zeppelin retourna en Allemagne Juste à temps pour participer à une autre guerre : la campagne prussienne de 1866

contre l'Autriche. Il s'y distingua. Il assista au combat d'Aschaffenbourg, Une ûiYision wurtembergeoise était sur une rive du Mein, une hessoise sur l'autre. Il s'agissait de les mettre en rapport et l'ennemi occupait tous les ponts. Von Zeppelin part au galop, crève son cheval pour arriver à un endroit désert et se met à la nage tout habillé, tout armé, avec des bottes qui lui montent jusqu'aux cuisses. Au milieu du fleuve, ses forces l'abandonnent, il se laisse couler, donne au fond un coup de botte, remonte à la surface, aspire une gorgée d'air, redonne un coup de botte, reprend de l'air, recoule, redonne im coup de botte, reprend de l'air, et ainsi de suite, cinq ou six fois. Quand il est reposé, ii achève son voyage, accomplit sa mission et ^ revient plus frais — réellement — qu'on ne l'avait vu partir.

En juillet 1870, von Zeppelin était capitaine de cavalerie. Le jour même de la déclaration de guerre, il franchit à la tête de

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quelques cavaliers la fitHitière et livra, eoRtre un éétdcbeiKieiit du 12* régimesii de chasseurs à eheval commandé par Le lieutenant de Chabot, 1^ presakir co<mbat de la guerre iranca-aUeniânde, auprès de la fcarme de ScbirlenhoL

M, Paul Boursofit, ancien instituteur, collaborateur au Journal d' Ahace-Lorraine, a pubBé «tt 190& ime interview du lancier Toussaint, qui fui exï cette œcasion Tadversaire de von Zeppelin. On Hra aussi avec mtèrêt le récit que M, Masson-Foreslier iait de TengagemeaEkt dajas Foré! Noire et Alsace fp. 3G2). M. Masson-Forestier soumit son récit au comte, alors retraité à Stuttgart, et To» Zeppelin lui coeta de nouveau toute yiiistoére. Ce que tous ces récits ne disent pas, c'est que von 2^pprfin, à l'aller, s'était arrêté dans une dairière du Grosser Wal(L 4m il consulta sa carte ; à dix mètres de hii, eacbé dans un buisson, se trouvait un bomme qui le connaissait, un ^arde-<:hasse du comte de Leusse : M. Bey.

Ije garde-chasse mil le comte Zeppelin en joue, puis, tout à coup, laissa retomber son fusil.

Rentré au château, il raconta son histoire, disant : « Il eût été indigne d'un ancien soldat français de tirer sur un homme qui ne me voyait pas et de Tabattre comme une pièce de gibier. »

Le comte de Leusse a narré cette histoire, ces jours-ci, à un journaliste alsacien. Quoi qu'il en soit, le capitaine s'en tira sain et sauf, mais quand il revint dans les lignes allemandes, il fut mis en état d'arrestation pour avoir, de sa propre initiative, risqué un coup de main. Mais, plus tard, il reçut la Croix de fer, et, quand la guerre se termina, il était colonel. Il reçut le commandement d'une forteresse, puis, en 1891, fut promu général. Il prit alors sa retraite.

Le 6 juillet 1892, à Berne, von Zeppelin fit une grande ascension en ballon sphérique avec l'aéronaute suisse Spelterini. Il conçut alors l'idée de ses dirigeables. Le

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généra] en retraite, sans se laisser décourager par tes déboires de son prédécesseur malchanceux Schwarlz, se mil au Ira- Tôil.

Pour effectuer ses recherches^ il fallait de Fargent. Sa fortune avait déjà été engloutie dans le gouffre toujours ouvert des tentatives. Il s*adressa au gouvernement allemand. Son projet fut soumis à Tempereur qui le souHgna d'un impitoyable •c Impraticable ». Les commanditaires allemands faisaient la sourde oreille et les amis même de von Zeppehn, sceptiques quant aux résultats pratiques de cette idée fixe, se détournaient de l'inventeur qu'ils taxaient volontiers de fou. Le comte se retourna du côté de sa chère Amérique et fit appel à un richissime propriétaire d'un journal de New-York. Celui-ci répliqua qu'il n'avait pas de temps et d'argent à perdre avec « les inventeurs un peu timbrés ». Le comte fut donc obligé de fonder tout d'abord une société au capital de 250.000 franco et par-

vint à intéresser à ses travaux le roi Guillaume de Wurtemberg. Vers le milieu de l'été de 1900, il avait construit, sur le lac de Constance, son premier dirigeable, le véritable Zeppelin L Le premier vol eut lieu le 2 juillet. V Illustration (21 juillet 1900) rendit compte en ces termes de cette mémorable journée :

« Le ballon s'est élevé à une hauteur de 400 mètres, puis il a parcouru, contre le vent, un vent léger, il est vrai, une distanjce de six kilomètres en dix-sept minutes et demie. La manœuvre pour monter ou pour évoluer au moyen du poids mobile donnait d'excellents résultats : par malheur, la corde qui retient ce poids s'étant prise dans le gouvernail, il a fallu interrompre le voyage. L'atterrissage s'est fait, à Immenstaad, à dix kilomètres du point de départ. Dans ce premier voyage, le comte Zeppelin était accompagné du baron Conrad Bossus, de M. Eugène Wolf et de deux ingénieurs. »

Les fidèles du comte assistèrent, enthou-

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siastes et ravis, au départ. Tout de suites après cet essai qui laissait prévoir une réalisation possible, le comte von Zeppelin fit annoncer que bientôt il irait survoler Paris. Nous n'avons point vu cela en 1900, il nous a fallu attendre 1915. Le comte voulait venir survoler la grande exposition de 1900. Il n'a pas pu mettre son projet à exécution.

Trois mois et demi après cette première expérience (le 17 octobre 1900) une autre ascension fut tentée. Le progrès fut réel. Le vol dura une heure vingt minutes.

La même semaine un autre vol eut lieu qui donna de concluants résultats et qui prouva la parfaite obéissance du mastodonte aérien. Mais toutes ces expériences étaient fort coûteuses et ne rapportaient rien. En un an, malgré des démarches mul-^ liples et une activité continuelle, le comte n'avait pu réunir qu'une modeste somme de vingt mille francs, aide dérisoire pour ses dépenses croissantes. Mais le comte von Zeppelin, tenace, ne se rebutait pas. De

bord des bombes et des mitrailleuses. Edifiés par ces résultats, des attachés du ministère de la guerre firent des rapports favorables et il fut décidé qu'on achèterait un dirigeable au comte von Zeppelin si ce dirigeable pouvait accomplir un vol de vingtquatre heures et atterrir sur la terre ferme.

Le Zeppelin IV fit, en juin 1908, ses voyages d'essai au-dessus du lac de Constance. Le 1" juillet, il accomplit avec la vitesse d'un train express et à une bonne hauteur un voyage en Suisse.

Le 15 juillet, le comte von Zeppelin voulut faire un voyage de vingt-quatre heures pour contenter les demandes du gouvernement altemand, mais, en sortant, le Zeppelin IV heurta le hangar et fut assez sérieusement endommagé. Ce fut partie remise.

Les équipes d'ouvriCTS du comte firent du zèle et, trois semaines plus tard (4 août 1908), le Zeppelin IV partit pour son grand voyage ainsi établi r Friedrichshafen à Mayence et retour par Bâle, Stras-

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bourg, Mannheim et Stuttgart. Mais le voyage du navire aérien fui interrompu par un naufrage. C'était un nouveau coup du destin, ce fut la cause du succès triomphal.

Le gouvernement était convaincu, il mit à la disposition de Tinventeur la somme de 625.000 francs qui devait payer le Zeppelin IV. Le Reichstag autorisa une loterie nationale destinée à procurer des fonds au comte, elle produisit 7.500.000 francs.

Le vieux général, qui entrevoyait enfin la réussite complète, se .mit de nouveau au travail. Il construisit un dirigeable sur des plans minutieusement établis. Le 1" mars 1909, la compagnie fit abandon du nouvel appareil à l'administration militaire et on se prépara activement à faire des essais avec des équipages d'officiers. Le 19 mars, le Zeppelin baptisé n** 1 et qui était le Zeppelin III encore intact accomplit un vol autour du lac de Constance avec vingt-six passagers (le comte von Zeppelin,

sept officiers de raérostation, trois autres officiers, quinze soldats).

A ce moment le comte von Zeppelin annonça qu'au printemps de 1910, il créerait des lignes spéciales de dirigeables pour transporter des voyageurs. Ce plan n'a jamais été exécuté dans toute l'ampleur que lui avait donnée le comte qui prévoyait aussi, pour la même année 1910, im grand voyage au pôle nord, en compagnie du professeur von Hergesell, son conseiller météorologiste depuis de nombreuses années.

Dès 1908, Guillaume II était revenu sur son opinion. Il ne jugeait plus le rêve du comte von Zeppelin « impraticable ».

M. William Le Queux, dans son livre intitulé Les espions allemands en Angleterre, a révélé le texte d'un sensationnel discours prononcé par l'empereur au cours d'un conseil secret tenu à Potsdam en juin 1908, peu de temps après les essais heureux du Zeppelin IV. Le discours de Guillaume n'était pas destiné à la publicité.

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On y lit des passages qui jettent sur les événements actuels une lumière singulière.

Guillaume prévoyait et préparait la guerre et il déclara :

« Nous avons aujourd'hui la merveilleuse invention que S. E. le comte von Zeppelin a été capable, par la grâce du Seigneur, de réaliser pour la sauvegarde et la gloire de notre patrie bien-aimée. Par cette invention, Dieu a placé |i ma disposition les moyens de faire sortir l'Allemagne de ses difficultés actuelles et de rendre une fois pour toutes véridiques les paroles de notre poète : L'Allemagne au-dessus de tout I II ^st encore trop tôt pour fixer une date exacte au coup qui sera frappé, mais je tiens à vous dire ceci : nous frapperons ce coup aussitôt que j'aurai à ma disposition une flotte suffisamment grande de zeppelins.

J'ai donné des ordres pour la construction rapide de nouveaux dirigeables du type zeppelin amélioré et quand ils seront prêts, nous détruirons les flottes de TAnglelerre

dans la mer du Nord, dans le Pas-de-Calais et dans F Atlantique. Après cela rien au monde ne peut empêcher le débarquement de nos troupes sur le sol britannique et rien ne pourra arrêter leur marche triomphale sur Londres. »

Le Kaiser conçut pour le général en retraite une grande admiration. Il Tinvita à quelques-unes «de ses chasses. On raconte à ce propos une amusante anecdote (1) :

(( Lorsque la chasse finie le tableau final fut fait, les gardes annoncèrent que l'Empereur venait de battre tons tes records et ils déposèrent sur une seule ligne toutes les pièces tuées. Le chef des gardes déclara que rEmpereur avait tué pour sa part soixantequatre pièces. Guillaume ne fit aucune contradiction immédiate, mais, un peu plus tard, le comte von Zeppelin l'entendit qui disait au chef des gardes :

— Soixante-quatre pièces, dites-vous ?

(1) Kmeriana, pages 76 et 77.

Cela est vraiment étrange. Je n'ai usé que trente cartouches. Mais alors j'ai réussi des coups prodigieux ! »

L'enthousiasme en Allemagne était grand, la meilleure preuve en est donnée par Rudolf Martin, qui prévoyait dans un de ses livres que, le l**" janvier 1910, Tempereur déclarerait : *

« J'ai chargé mon chancelier de demander au Reichslag un milliard de marks pour notre flotte aérienne. Trente mille machines volantes extra-rapides porteront trente mille fantassins. Avec l'aide des 400 trainstransports Zeppelin qui sont en voie d'achèvement, je puis, de minuit à trois heures, déverser 400.000 hommes siu* l'Angleterre ! »

Déjà l'idée de l'invasion en Angleterre !

En 1909 I Du reste Rudolf Martin n'oubliait pas les Russes et il prévoyait que — le souci de précision est amusant — le 15 mars 1913 « 100 Zeppel-trains japonais de im bataillon chacun et trente vaisseaux

Sli^HOUETTES- ALLEMANDES

aériens auront cerné Farmée russe et fait 700.000 prisonniers. »

Rudolf Martin expliquait ce qu'était un Zeppel-train : « Le comte von Zeppelin, le premier, a eu Tidée de transporter un bataillon entier sur quatre pontons volants et fortement reliés les uns aux autres. »

Le prophète doit être déçu. Les dirigeable du comte n*ont pas servi à transporter des troupes, mais à tuer des non-combattants> des femmes, des enfants et des vieillards.

Passons sur Thistoire du Zeppelin venant atterrir dans Test de la France, sm* les débuts de la guerre, sur les raids et sur les méfaits, les crimes accomplis par les aéronautes formés par le vieux général.

Au mois de février 1915 le comte von Zeppelin accorda une interview au correspondant berlinois de Y United Press des Etats-Unis, M. Karl von Wiegand. Quelques déclarations du vieux comte sont à citer :

— Personne ne regrette plus que moi la

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mort de non-combattants. Mais est-ce que des non-combattants n'ont pas été tués par d'autres engins de guerre ? On Ae voit pas toujours quand on se trouve à une grande hauteurs les objets (?) que nos bombes peuvent frapper.

Dans cette interview von Zeppelin refusa de répondre à la question du journaliste américain lui demandant si un raid aérien serait tenté contre Londres.

— C'est une question qu'il faudrait poser à l'Elat-major allemand.

Mais peu après (16 mai 1915) le Boston Post publia d'intéressantes déclarations du vieux général :

« Notre flotte aérienne comprend aujourd'hui 1.366 unités dont 36 dirigeables, mais vers le 15 juillet nous livrerons 15 dirigeables cuirassés, capables de porter deux tonnes d'explosifs. La méthode qu'il faudra employer poiu* jeter ces explosifs sur Londres a été « répétée » avec soin... »

Le comte donnait ensuite quelques ren-

seignements sur les nouveaux dirigeables^ puis il ajoutait :

« Avec i>otre nouvel équipement, nous serons capables d'entreprendre en toute sécurité des expéditions contre Londres au milieu des brouillards les plus épais ou des nuits les plus noires. Nous envisageons une prochaine excursion contre Londres, non pas une simple reconnaissance, comme notre dernier succès contre Paris, mais une véritable expédition guerrière. Nous attaquerons Londres avec deux escadres de cinq dirigeables. Ce sera vers le mois d'août, quand se produira la grande offensive ordonnée par le Kaiser. »

Si j'ai détaché ces quelques lignes des curieuses révélations que le comte von Zeppelin crut devoir faire en mai 1915, c'est pour qu'il soit nettement établi que les crimes commis par l'inventeur ont été prémédités. Les raids ont eu lieu. Il y a eu des victimes, des femmes, des enfants,, d'humbles travailleurs, et les journaux

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allemands ont annoncé que le comte von Zeppelin dirigeait en personne un des raids aériens contre Londres (début de septembre 1915). Le vieux général, d'après ces gazettes, aurait pris place à bord d'un dirigeable, aurait commandé le voyage, les manœuvres, aurait ordonné le lancement des bombes.

Ceci couronne mal la carrière de Taudacieux officier des campagnes autrichienne et française, du tenace chercheur qui, négligeant les sarcasmes, les humiliations et l'indifférence, résistant aux coups répétés de la fortuné contraire, mit au point une invention dont l'humanité pouvait attendre d'utiles profits. Tant d'efforts qu'on pouvait croire avoir été consacrés à la science n'ont pas abouti à la coopération d'engagements loyaux, ils ont produit mie arme terrible de lâches et de criminels. Le vieux comte a fait fortune et il veut s'enrichir encore. Les préparatifs des raids guerriers ne lui font pas oublier les affaires commerciales et j'ai

lu avec stupéfaction^ daas le Boston Posi du 12 septembre 1915, ufte incroyable annonce qoe je traduis fidèiemeai :

« Un dirigeable ^ppelin^ un dingea^ du type de ceux qui ont tarrorisé la populoMan civile de Londres et de rAA|;|eteri'e sepientrionaJb, sera ^me des i^ractioas de l'Exposition de Brockton^ le 5 octobre^ si les négociaiioas actifôHement ^agagées réussissent- »

L'annonce eLi:pii<|ue ensuite quse ce dlirigeahle n'a pas pris part à L» guerre européenae, qu'il est uû peu pU*s petit ^ue ceux employés par les ÂUeoiânds c-M^re les Alliés et «ftt'il volera,^ sous la ccoaduite d'un arriâieur expert, par tous les temps, puis l'annonce a}outeencore:«<Il n'eslpas pourvu d'u&e nacelle militaire ei de canons de gfos calSares Gom^e ceux esapli^yés par ^es Allemands dans la guerre actuelle, mais il donnera une bonne idée de ce qu'est uae attacfue d'un zeppelia contre Londr^ lor^ue l'aviateur commencei^ à lanc^ des biHiibies

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^n papier sur les terrains de Texposition. »

La terreur des populations civiles^ psrrain d'un des enfants du Kronprinz, est grand-père. Sa fille, aéronaute consorrLuée elle-même, est mariée à un officier. Si quc»^que jour, au grand-père aux mains rouges du sang des petits Londoniens, jn gosse curieux venait dire : « Pourquoi les as-tu tués ? » que pourrait répondre celui qui prémédita son crime au point de faire exécuter des jeux princiers consistant en plans en relief de Londres que venaient bombarder tes zeppelins d'un modèle minuscule ?

HINDENBURG

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