F. PELEZ
Par une contradiction singulière qui semble, d'ailleurs, être la dominante de sa vie, Pelez né dans un monde de haute aristocratie, riche d'argent et orgueilleux, sous son chapeau à belles plumes d'enfant fortuné, devenait, déjà, tout chagrin à la vue des guenilles lamentables des petits miséreux de son âge. Et cette compassion, d'abord d'instinct, pour la souffrance d'autrui, est devenue de réflexion avec le temps. L'homme est aujourd'hui un socialiste non farouche, mais attristé, inquiet, révolté par l'injustice du sort, indécis sur le moyen d'y remédier et voulant, cependant, empêcher une société de vivre divisée en deux camps : ceux qui sont gorgés de tout et ceux qui meurent de faim et grelottent de froid.
Pauvre Pelez !
Son père, qui était artiste, avait décidé de faire de lui autre chose qu'un peintre : il commence donc par lui donner une solide éducation en rapport avec la fortune et le rang qui l'attendaient.
Mais l'enfant tomba en langueur, abandonna les fortes études. On l'envoya à la campagne à Auvers.
C'est là qu'il eut la funeste idée — selon lui — de s'essayer à une hésitante étude, un étang des environs. Il touchait pour la première fois à de la peinture. Le père, enchanté de l'œuvre, en cachette l'envoya au Salon : elle fut reçue! Dès ce moment il a laissé son fils à sa vocation. — Quelque temps après, la ruine entra dans la noble famille.
Pelez l'accueillit sans surprise. La catastrophe ne le rapprochait-elle pas davantage, si possible, des déshérités, ses amis de prime jeunesse? Alors il estima que c'était rendre service à la cause sociale que de mettre sous les yeux des riches, des