‹ Silhouettes d'artistes, avec portraits dessines par eux-memesChapitre 5 sur 68 · S ILHO UE T TE S D VI R TIS TE S · texte numérisé non relu

S ILHO UE T TE S D VI R TIS TE S

Aux représentations du théâtre antique d'Orange, sous la voûte céleste d'un bleu profond que piquaient les scintillements d'étoiles, il conçut l'idée de son plafond de l'Opéra-Comique.

Le Midi rapporte toujours quelque chose! Demandez aux quatre autres Toulousains assis sous la coupole de l'Institut : J.-P. Laurens, Falguière, Mercié, Marqueste.

Un mot pour finir.

Benjamin Constant s'en allait à Vichy, il y a deux ans, en compagnie de sa femme, fille aînée de François Arago. A Moulins, un couple de provinciaux, à l'apparence de jeunes mariés, fait irruption dans le compartiment.

A peine installés, les nouveaux arrivants regardent le maître, entament à voix basse une conversation animée, les yeux curieusement, obstinément braqués sur lui.

Le train s'arrête : c'est Vichy!

Ben, comme l'appellent ses amis, se lève, prend dans le filet le nécessaire de sa femme; il va descendre, lorsque le voyageur de Moulins, d'un air emprunté :

— Excusez, monsieur, mon indiscrétion.... Ne seriez-vous pas M. Baron, l'acteur?

— Pas précisément.

— C'est que, répond le provincial, vous êtes rasé comme lui, et, comme lui... officier de la Légion d'honneur!

C'est beau, la gloire!

Jean Béraud.

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