‹ Silhouettes d'artistes, avec portraits dessines par eux-memesChapitre 53 sur 68 · G. ROCHEGROSSE · texte numérisé non relu

G. ROCHEGROSSE

Etait peintre même avant de naître : In principio erat Verbum....

Première manifestation chez Théodore de Banville ! Au cours d'une visite que, tout enfant, il fit avec sa mère, Georges barbouilla de dessins baroques et salissants les portes du maître orfèvre du Vers.

Donc, en sa cervelle ont toujours chanté la Couleur, la Forme et la Poésie. Car il est lettré par goût autant que par contact. Rares sont les peintres qui possèdent sa culture.

— Rochegrosse est autant des vôtres que des nôtres, me disait hier Benjamin Constant.

Par surcroît, un goût puissant l'entraîne vers la résurrection des civilisations abolies depuis des siècles. Les Perses et les Assyriens, les Indiens et leur palais d'Anchore, les premières dynasties des Pharaons, les richesses enfouies sous les ruines, cachées au plus profond de la terre, dans les tombeaux de rois, éveillent en son esprit des reconstitutions singulières. Son amour effréné du merveilleux lui fait voir des vases d'or aux formes admirables et inconnues, des pierres précieuses énormes, des étoffes brodées de dessins hermétiques, tel le Zaïmph, dont les couleurs violentes marient leurs rutilences à des architectures colossales dans un symbole imposant. Car le symbolisme le tient aussi, dirigeant son tempérament ennemi de l'absolu vers des régions de rêves où les mages voisinent avec les fées, où les magiciens opèrent, où l'Occultisme a sa mystérieuse part.

La Mort de Babylone, le Pillage d'une villa gallo-romaine par les Huns, jusqu'au Chevalier aux Fleurs, qu'a accueilli le

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