HELENE DE FR.^NCE, DUCHESSE D'AOSTE
Etonnement d'un côté, petits frissons de réaction, vite étouffés, de l'autre, adhésion chaleureuse du grand public, tels furent les effets de la circulaire de l'Inspectrice générale.
Que cette circulaire, comme tant d'autres, restât lettre morte, la chose était impossible pour qui sait avec quelle ténacité l'auteur même s'est depuis dépensée, d'un bout à l'autre de la Péninsule, afin de s'assurer par elle-même de l'exécution de ses ordres. Les résultats acquis ont récompensé ses efforts. Autour de l'œuvre patriotique et humanitaire, à laquelle elle s'est attachée, elle a su rallier aujourd'hui tous les concours. Elle est allée jusqu'aux premières lignes des armées, elle a visité tous les hôpitaux, toutes les ambulances, jusqu'aux moindres installations de gare. Pendant un mois, elle a suivi les convois de blessés, elle a tout vu, tout disposé, tout remis en ordre. Elle semble réaliser l'image du poète, qui lui adressait au moment de la guerre de Tripoli un de ses chants les plus beaux :
LA DUCHESSE d'aOSTE 83
« O Hélène, qui au front de nos morts
voyez empreinte la vertu de Rome,
pour le grand pacte latin aujourd'hui vous portez
la verveine augurale dans vos cheveux (i). »
S. A. R. Hélène de France, duchesse d'Aoste, est née le 22 juin 1871. On peut dire qu'elle a été, dans la maison royale, l'enfant de l'année terrible. Toute sa première jeunesse s'est écoulée dans son pays natal. Le Comte de Paris, son père, n'était plus proscrit, et il ne l'était pas encore redevenu. Elle avait quinze ans, quand elle partit pour l'exil avec toute sa famille. Sa s(rur aînée était déjà duchesse de Bragancc. Précocement sérieuse
( I ; C Etend, che in ironie ai nostn morti im pressa vedi la virtù di Roma, prl gran patio lalino oggi lu porli la verhena augurale entra la chiotna.