‹ Silhouettes paroissiales [microforme]Chapitre 9 sur 12 · JUS · texte numérisé non relu

JUS

répondu madame Ice-Crozier-Baker-Hayes-Smith- Hones, née Élisabeth-Maggie Robinson.

Et cette femme célèbre est peut-être convaincue qu'elle a raison. Mais avouons que de s'appeler madame Ice-Crozier-Baker-Hayes-Smith- Hones, née Élisabeth-Maggie Robinson, expose trop les typos aux coquilles et que c'est encombrant sur une carte de visite.

La loi nouvelle sur le divorce n'a pas prévu cet inconvénient. Elle s'est plutôt préoccupée d'ouvrir les barrières à l'amour libre, aux blasés en quête de sensations neuves, et d'abattre la clôture qui garde la bête humaine.

Joyeuse Vieillesse

À onze Sœurs jubilaires de la Providence.

Le Saint-Esprit a institué les noces d'or.

Il en a donné le précepte, il en a marqué l'esprit et tracé le programme. Pour un peu je dirais qu'il s'en est fait le maître de cérémonies.

Il a dit: « Vous jubilerez. »

Et, en religieuses bien obéissantes, mes révérendes Mères, vous jubilez, entourées de l'essaim nombreux de vos Sœurs sur qui se répand votre

allégresse, de vos « bons petits vieux » et de vos « bonnes petites vieilles » qui se réjouissent avec vous.

C'est une joie très douce, et encore qu'elle fasse moins de bruit que les plaisirs du monde, elle est sans égale.

Que ceux-là s'en étonnent et refusent d'y croire, qui s'imaginent que la vie religieuse est un état permanent d'ennui, et que la vieillesse, après cinquante ou soixante ans de service, ne porte plus dans l'âme, pour tout apanage, qu'une invincible tristesse.

Il y a encore des braves gens, qui vous croient malheureuses.

Ils se figurent que vous ne pouvez pas être gaies, puisque vous êtes Sœurs! « C'est bien dommage qu'elles ne puissent pas rire!» Un ” visage encadré d'une cornette blanche, pensent-ils, et d'une capeline noire, sillonné par les rides du temps et des labeurs, grave, humble, recueilli, doit nécessairement être un visage morose. Le jour où la jeune sœur fait ses vœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance, elle doit aussi faire le vœu d'avoir tout le temps du chagrin. Ce qui voudrait dire, si vous avez été fidèles à vos

VŒUX, que vous êtes tristes depuis cinquante ans.

Hélas! s'il en était ainsi, vous seriez tout

le contraire de ce que vous êtes: vous seriez

de tristes Sœurs, ou, pour parler comme saint François de Sales, de tristes Saintes.

Quelle surprise Pour le monde, s'il pouvait assister au rire de vos novices! Il se demanderait si c'est Préparé, comme une comédie, 1] n'en saurait voir ni la spontanéité ni la contagion irrésistible. La Surprise irait jusqu'au scandale, s'il était témoin du spectacle admirable de la gaieté intime, continuée tout le long de la vie des professes. Il ne voudrait plus s'en croire lui-même, s'il Contemplait le trésor des bonheurs secrets, célestes, d'une vieille religieuse.

Car il faut le dire, et le croire, mes jeures Sœurs, la joie devient plus intense et plus débordante, à mesure que la vieillesse s'avance. Les années lui ajoutent ce je ne sais quoi de majestueux et de serein que le soir apporte à la splendeur d'un beau jour. L'âme qui a longtemps vécu, calme, aSsagie, unit à la possession tranquille du bonheur le Sourire et les candeurs de la jeunesse, comme le soleil qui baisse à l'horizon, apaisant les ardeurs de ses rayons, s'enveloppe,

pour achever sa course dans le ciel empourpré, des teintes roses et des gaietés de l'aurore.

Chez vous toutes, on le sait, la joie intérieure est le surcroïit promis par Dieu à ceux qui ont tout quitté pour Lui. Mais elle n'est pas chez toutes au même degré. Elle est montante comme le chemin du ciel, et comme lui elle a son sommet. Les sœurs plus jeunes sont en route, elles gravissent les degrés vers ce sommet. Nos heureuses jubilaires y sont arrivées. Ce n'est plus une montée, après le jubilé, c'est une ascension. Tandis que nous montons, haletons, soupirons, elles jubilent.

Oh! mes sœurs, quelle illusion est la vôtre quand, confondant le bonheur des anciennes avec les éclats de rire de la jeunesse et l'exubérance d'une santé sans fatigue, vous pensez, un peu à la façon des séculiers, combien c'est ennuyeux d'être courbée, infirme, ridée, vieille, avec la vue basse, le pied incertain et l'oreille dure!

Permettez, à jeunesse, que nous redressions votre erreur.

La plénitude des joies du Seigneur suave:

quoniam suavis est Dominus, — les seules que vous ambitionniez, car en entrant au noviciat vous avez fermé la porte aux autres, — vous croyez l'apercevoir dans les lointains de la vie,

comme dans une Perspective séduisante et mystérieuse. Vous en jetez à pleine main la semence au noviciat et dans les élans tout neufs de votre apostolat. Mais ces lointains mystérieux les atteindrez-vous jamais? Cette semence jetée à pleine main, va-t-elle germer et fleurir en une belle moisson ? Voilà des pensées inquiétantes se mêlant sans cesse aux espérances riantes des jeunes années. Les jubilaires ignorent ce mélange. Les lointains n'ont plus de mystère pour e:les: elles les tiennent. Elles ne se demandent pas si la semence va pousser et mûrir: elle est mûre. Elles en ont nourri les pauvres sur leur route, et elles nous en présentent encore aujourd'hui les gerbes d'or: bortantes manibulos suos. Leur joie est sans inquiétude, elle est parfaite: elles jubilent.

Même les sœurs professes n'ont pas tout à fait les mêmes raisons d'être heureuses que leurs devancières. Comme elles, il est vrai, elles se tressent une couronne faite de pureté, de mortification volontaire, de vertus monastiques : mais y mettront-elles Ja dernière rose ? Elles cheminent dans la voie rugueuse et préférée du sacrifice, elles en voient de plus près chaque jour le terme: mais iront-elles jusque-Ià ? Est-ce qu'il n'arrive pas à l'humaine faiblesse de s'en re-

tourner avant de toucher le but? L'inconstence n'est-elle pas parfois un malheur de l'âge mûr ? et n'arrive-t-il pas, selon le mot de saint François fe Sales, à cet âge de faire des sottises ?

Rien de tel ne fait ombre à la félicité des jubilaires. Après cinquante ans de vie religieuse, on peut dire sans hérésie qu'une sœur a acquis de la stabilité. Quand elle nous demende de prier pour sa persévérance dans sa vocation, il y a espoir d'être exaucé. Même l'évêque de Genève avouerait qu'elles ont passé l'âge dec sottises. Et puis, ayant, pendant cinquante ans de travail et d'esprit de sacrifice, cueilli à peu près toutes les fleurs qui peuvent entrer dans une couronne, elles ne craignent plus qu'il y manque un lis, une violette ou une rose. Par ailleurs, comme leurs ardeurs sont tempérées, avec leur vie inclinée vers son couchant, les fleurs qu'elles ont tressées courent grande chance de ne se jamais faner et d'être gardées fraîches pour l'immortelle couronne.

Et donc, la jcie de nos jubilaires, conforme au programme de l'Esprit-Saint, est supérieure à celle de tout autre âge, pure de tout alliage, en dépit du monde qui n'y croit pas, et en dépit des sœurs plus jeunes qui n'y croient pas assez.

Il est, en dehors de la communauté, un autre théâtre où il convient de redire en ce moment: « Vous jubilerez! » C'est celui où passent, languissent, supplient, pâtissent et pleurent tous les miséreux confiés à votre charité. Oh! quel rayon de joie traverserait leur souffrance, si on pouvait, dans un raccourci lumineux, une synthèse, mettre sous leurs yeux tout ce que cinquante ans représentent de fatigue, de répugnance domptée, de veilles, de Patience souriante, de doueurs endurées pour alléger les leurs! Oh! la belle revue Passant devant vous, mes vénÉrées Mères, si on formait le cortège des indigents du Christ que vous avez, depuis votre entrée à la Providence, soignés de vos mains, rajeunis de vos sourires, réchauffés de votre cœur!

Les vieillards battraient la marche. Il me semble bien qu'ils garderaient la mesure du pas allègre de leur jeune temps, car on leur dirait: Attention! c'est le jubilé!

Eux nous répondraient, riant et pleurant à la fois, accessibles à toutes les émotions de la vieillesse: « Merci! merci! nous sommes les rentiers de Jésus-Christ: Ja Providence nous a passé des hypothèques sur la charité. Pour remplacer nos enfants disparus ou fatigués de nous, vous nous avez adoptés dans votre famille,

mes sœurs. On y est bien, on vit content, tout près du bon Dieu, on n'a plus peur de geler l'hiver, de rôtir l'été et d'avoir faim toujours: chez vous les salles sont claires, les faces sont de bonne humeur, et ça fait du bien, quand on est malade, d'avoir le corps ei i âme nets, et, quand on va mourir, de partir pour le ciel d'un bon lit blanc. Salut! salut! les jubilaires: ce sont les vieux de la Providence qui passent. »

Derrière eux suivrait le régiment des orphelins. Moins que les vieillards ils savent rire et pleurer en même temps. Aussi bien, pourquoi pleureraient-ils ? Vous les traitez si tendrement comme des mères, qu'ils oublient qu'ils n'en ont pas. Mais si orphelins et si jeunes qu'ils soient, leur âme est déjà ouverte à la reconnaissance, et l'on peut entendre, dominant le bruit de leur marche et les ébats de leur gaieté, les mercis de leurs voix éclatantes: — « Salut! salut! nos grand'mères jubilaires: ce sont vos orphelins heureux qui passent! »

Dans cette revue, plus émouvante que celle d'une armée après la victoire, vos sourdesmuettes entreraien: à leur tour et marqueraient le pas. Et comme elles sont modestes, elles n'exigeraient pas de tout entendre dans cette fête, mais elles demanderaient au moins de

parler. Et elles parleraient! Elles proclameraient que, grâce à vous, elles sont Sorties de cette nuit profonde où elles ignoraient presque tout du monde, excepté la souffrance. Avec leurs sens déliés, elles ont vu, dans leur inimaginable ignorance, poindre l'aube de la vérité, puis, graduellement, sa lumière rayonnante, et dans cette lumière tout ce qui fait la grandeur de l'âme humaine: la liberté, la conscience, la connaissance Ju bien, de la vertu, le mérite de les choisir, de donner son cœur à Dieu, de l'aimer, de s'élancer vers lui dans la prière Oh! Ja merveille de ces petites captives morales libérées par vos soins! Comme leur défilé est touchant et comme leur voix encore mal assurée chante à l'unisson des cœurs le « Salut, salut! 6 Mères jubilaires : ce Sont vos sourdes-muettes qui passent en vous bériissant! »

Dans les grandes revues, tous les soldats ne reviennent pas saluer les Vétérans et les chefs à l'heure du triomphe; plusieurs sont tombés au champ d'honneur. Mais on dit que leur âme, comme l'aile des aigles impériales, plane au-dessus des drapeaux frissonnants dans la brise et des déploiements de gloire.

Ce matin, si Dieu ne les cachait à vos yeux, il me semble que nous apercevrions planant au-

LLIGGEE

dessus du triomphe des onze vérérans de cette communauté, d'abord les âmes de leurs compagnes tombées au champ d'honneur, depuis un demi-siècle, dans les pacifiques batailles du dévouement. Puis, toutes celles des malades soignées dans vos hôpitaux; des morts auprès desquels, dans de longues nuits solitaires, vous avez monté la garde; des pauvres aliénés, incapables ici-bas de croire et d'aimer, et dont les facultés glorifiées là-haut vous comblent de leur reconnaissance. Quelle procession grandiose! Que d'âmes d'autant plus glorieuses que leurs corps ont été plus souffrants et leur vie plus humiliée! Avec quelle joie elles vous redisent le: « Salut! salut! ô Mères jubilaires: ce sont vos. patients qui passent et vos fous bienheureux qui vous aiment et vous bénissent! »

PA

Cependant l'Église elle-même, dans vos réjouissances, prend sa part. Elle se réjouit de la fécondité de votre congrégation et de la multiplication de ses œuvres dans notre Amérique. Elle qui est l'épouse de Jésus-Christ et sa concinuation dans le monde, elle s'applaudit de trouver dans la variété infinie des dévouements de ses communautés religieuses un don précieux

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à offrir à son Époux et comme un manteau royal pour ses épaules.

Votre Institut lui-même se réjouit avec vous. Il reçoit en ce jour un nouveau motif de fierté: il est fier de la longévité de ses sujets. Cela veut dire qu'on est bien chez lui: la pauvreté ÿ est une bonne mère, l'obéissance un guide sûr, la chasteté un régime revigorant. C'est la longévité promise aux communautés qui traitent bien leurs sœurs, aux Sœurs qui servent bien leur communauté, et aux enfants qui honorent leurs parents. C'est par la longue vie de ses religieuses que l'Institut relie mieux entre eux les anneaux de ses traditions. Elles sont le Coutumier vivant. Eiles sont la preuve que le travail ne fait pas mourir. Rien qu'à les voir, on sent que le joug du Seigneur est léger. Elles ont le don de prêcher en silence. Avec elles, on vit dans la communauté d'autrefois; elles s'adaptent merveilleusement à celle d'aujourd'hui: et il suffit de les imiter Pour que sa faveur primitive ait à jamais son lendemain. Elles lui confèrent quelque chose de l'immortalité. Si je n'avais en horreur le paradoxe, j'ajouterais: ce sont les vieilles sœurs qui font les communautés

toujours jeunes.

Faut-il écouter d'autres voix encore désireuses de s'associer à votre jubilé ?

La voix de vos bienfaiteurs? Ah! oui, assurément.

C'est par leurs oboles ou leurs largesses que vous continuez parmi les foules affamées la multiplication des pains. Ils vous remercient aujourd'hui d'avoir été les inventrices d'industries fécondes en toutes sortes de secours: découvreuses de pauvres honteux, visiteuses de taudis, et d'avoir ajouté à leurs dons tant de valeur, par votre manière de faire et de donner; —- car il n'y a pas que la charité, il y a aussi la « manière ».

Quant à la dernière classe d'hommes qui devrait se réjouir à l'occasion de vos noces d'or, sinon par inclination religieuse, du moins par le souvenir de leur intérêt matériel, il se peut qu'elle ne tienne pas à passer dans la revue. Mais nous allons le faire passer tout de même.

Accordez-moi la permission de dire, mes révérendes Mères, que vous êtes, sans dévier de votre vocation, les économes des riches, des compagnies d'affaires, des financiers, des contribuables de tout nom, des municipalités et des gouvernements, — des protestants eux-mêmes

Issu-

qui se plaignent quelquefois d'avoir à payer pour vous des impôts.

En vous chargeant, en effet, de faire vivre dans cette propreté qui vous caractérise et avec l'économie qui vous est propre, les délaissés de la vie, les meurt-de-faim, les gâteux, les fous, les loques humaines, vous accomplissez une œuvre que, sans vous, la société devrait accomplir. Car la société est faite pour les individus, non les individus pour elle. Elle est établie pour protéger leurs droits et leur vie, et ceux de leur famille. C'est sur ses bras, — je parle de la société, telle qu'elle est aujourd'hui, en dehors de l'idéal chrétien, — que retombent les nécessiteux. Or, la société, ici, concrètement prise, qui est-ce? Ce sont nos gouvernants.

Quand donc vous mendiez de porte en porte pour les sans-foyer et Sans-pain, vous mendiez à la place de nos gouverneurs, de nos ministres, de tous ces messieurs des parlements et des hôtels de ville. Vous faites sans récompense et sans dépense leur besogne. Ce n'est pas à dire que, si vous ne quêtiez pas, ils consentiraient à quêter eux-mêmes. Non, ces messieurs ont d'ordinaire des façons plus aristocratiques de percevoir des fonds. Mais voilà, — et c'est ici que vous sauvez les contribuables riches et pauvres

du pays, — si vous n'accomplissiez pas toutes ces œuvres de charité, l'État s'en chargerait.

Dès lors, avec les Pauvres, c'est tout un peuple de fonctionnaires qu'il faudrait faire vivre; audessus des petits fonctionnaires, toute une tribu de dignitaires plus Brassement payés: : :-“essus des dignitaires, le groupe redouté ‘:, distributeurs de dignités: par là-dessus, ies grands maîtres, tous plus désintéressés les uns que les autres.

De sorte äu'un petit calcul suffit à établir en faisant la Comparaison entre un de vos hospices et une institution laïque semblable des États-Unis, qu'il faut quinze dollars d'impôts pour produire, là-bas, ce qu'un dollar produit ici par votre charité. En d'autres termes: quand la philanthropie officielle de l'État donne quinze pains pour les Pauvres, il ÿ en a quatorze de mangés avant que le quinzième leur arrive.

Avec vous, mes chères Sœurs, pas d'impôt.

Personne ne paie, chacun prête à Dieu; — et quand vous avez reçu quinze pains, je ne suis pas bien sûr qu'entre vos mains ça n'en fasse pas vingt.

Même quand l'État se charge de ses malheureux et qu'il ne demande vos services que moyennant finances, vous les lui rendez à de

outes ait.

euple ; autribu essus istriands e les

ablir

— et suis asse

nalque de

telles conditions, que c'est encore pour lui, — je veux dire pour nous tous, — une épargne énorme.

Ouvrez certaine Page, par exemple du rapport annuel de l'asile Saint-Jean-de-Dieu, et com- Parez-en les statistiques avec celles de l'asile de Verdun. Vous constaterez en un instant que vos religieuses ont économisé Pour ja province, depuis quelques années, des millions de dollars.

À quel chiffre s'élèverait donc l'épargne faite au bénéfice de notre pays, si on multipliait ces millions par le nombre de vos institutions, puis, —— Montant jusqu'aux noces d'or — si on multi- Pliait ensuite le total de ces multiplications Par cinquante, par soixante... ?

Ce bienfait national est-il reconnu avec la bonne grâce que devraient y mettre les intéressés, Bouvernants, gouvernés, catholiques et protestants? S'en souviennent-ils, les manipulateurs de budgets publics qui trouvent équitable, habile de vous faire repayer à leurs bureaux, les services que vous leur rendez et l'eau que boivent vos pauvres ?

Pour abréger, permettez-moi de rappeler ici un souvenir de l'hospice Gamelin. Il n'est pas d'ailleurs étranger aux noces d'or, puisqu'il. a Pour auteur l'ancienne supérieure de cette maison, l'une de nos vénérées et très chères jubilaires.

Un vieillard avait été ramassé dans la rue et recueilli par elle. Or, un jour que je visitais l'Hospice en compagnie d'un Américain de New- York, lequel s'étonnait des soins prodigués aux vieillards, de l'extravagante propreté de la maison et des dépenses que tout cela devait entraîner:

— La ville, me dit-il, paie des sommes fabuleuses, pour tout ce monde!

— Des sommes fabuleuses, reprit sœur Marie- Jude, tenez, venez ici, s'il vous plaît; je vais vous faire raconter comment la ville les paie, ses sommes fabuleuses.

Elle nous conduisit au bon vieux cueilli naguère dans la rue. Vous comprenez qu'avec une Pareille institutrice qui venait de payer sans Plaisir aucun une grosse note pour l'eau municipale, le bonhomme avait eu ses répétitions et Savait son rôle par cœur.

— Vous pensez, s'exclama-t-il, que c'est la ville qui paie pour nous? Ah! bah! dame, non! Quand je vivais sur le macadam, je faiseis comme les moineaux: je buvais Pour rien l'eau de la ville, à la fontaine place Jacques-Cartier: mais depuis que les sœurs ont commis le mauvais coup de me ramasser, la ville les contraint de Payer pour me faire boire.

rue itais Vewaux ison ner:

fa-

rievais aie,

naune ans ni-

Après ce dernier groupe du défilé, accordez au clergé qui vous entoure, l'honneur d'entrer dans la revue et de Vous saluer avec admiration. Vous avez bien fait, mes bonnes Mères de vivre longtemps. Vous avez eu bien de l'esprit de ne pas vous laisser mourir. Cela nous fait du bien, l'exemple d'une Pratique demi-séculaire des vertus de bonne humeur. Nous nous unissons à Vous pour en rendre grâce à Dieu.

La Dénigromanie

Un jour par an, le jour de la Saint-Jean- Baptiste, les Canadiens français se font des com- Pliments et se Vantent entre eux. Le reste de l'année, ils se dénigrent. Trois cent Soixantequatre jours durant, ils se rapetissent pour mieux se convaincre que les autres sont grands.

J'ai demandé à maintes reprises à des com- Patriotes intelligents, observateurs, sincères, l'origine et l'explication de cette manie.

Quelques-uns m'ont brutalement répondu « C'est une mentalité de Zoulous! » et n'ont pas cherché plus loin. M'est avis qu'ils se trompent:

car les Zoulous, Pour être peu nationalistes et

MICROCOPY RESOLUTION TEST CHART (ANSI and ISO TEST CHART No. 2)

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