MONSIEUR «TOUT NEUF
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MOxNSIEUR « TOUT NEUF »
Assis sur ina malle de prévoyance — une malle élégante et bien conservée, encore tout imprégnée d'une odeur saline réconfortante — je songe à la route faite, aux espaces immenses parcourus, et plus que
jamais depuis mon départ de France, j'ai le sentiment de la solitude, la sensation de l'exil.
Des malles, des colis sont là à mes côtés, anciens compagnons de voyage, aujourd'hui comme moi à destination. Et tout cela gît au hasard, pêle-mêle, dans ma petite chambre tonkinoise où je viens d'entrer pour la première fois, véritable nid à rats humide et mesquin, composé, suivant le mode annamite, d'un plafond en paillottes àdemi-rongées qu'un jeu de lianes en arc a peine à soutenir et de quatre murs blancs en torchis, d'une épaisseur de papier, faits de bambous emprisonnés dans un mortier boueux et de plaques de chaux dont on a ménagé les couches.
Quelque provisoire que puisse être pour moi cette installation, je sens dans mon esprit désillusionné se ruer une avalanche de craintes chimériques sur le genre de confort qui m'attend ici.