‹ Silver vindicatedChapitre 2 sur 7 · LE CHANGE INDIEN · texte numérisé non relu

LE CHANGE INDIEN

Entre deux pays ayant un même métal pour monnaie, l’achat des traites ne coûte jamais plus cher que ne coûterait l’envoi et la frappe du métal. Aussi le change sur Paris ne peut jamais descendre à Londres au-dessous de 25 francs; car, passé cette limite, on n’aurait que faire des lettres de change, il en coûterait moins d’envoyer des souverains à la Monnaie de Paris.

Il en était de môme entre l’Inde et l’Angleterre tant qu’en Europe on frappait des francs bimétalliques. La valeur de la roupie vis-à-vis du souverain 11 e courait pas alors de grands risques,

car, au pis aller, on pouvait faire venir des roupies en Europe, les faire monnayer en francs, et avec ces francs obtenir à Paris soit des traites sur Londres, soit de l’or au taux de 15 1 /2.

Cette possibilité d’expédier des roupies poulies transformer en monnaie européenne a toujours suffi pour maintenir le prix du change indien dans les limites des frais de transport et de frappe du métal.

Si la loi allemande de 1871 contre l’argent n’avait pas paru, l’Europe frapperait encore de l’argent, ce métal serait encore commune monnaie entre les Européens et les Asiatiques; grâce au bimétallisme français, le change angloindien serait encore à son ancien niveau, et le Conseil de l’Inde vendrait ses bills comme autrefois, sans subir aucune perte.

Ce n’est pas la Vente des bills sur l’Inde qui a fait baisser l’argent, c’est la baisse de l’argent

provoquée par des lois de proscription qui a fait baisser la valeur des bills.

Que le commerce indien soit plus ou moins prospère, que la quantité de marchandises importée de l’Inde en Europe et de l’Europe dans l’Inde soit plus ou moins considérable, que l’Inde absorbe plus ou moins d’argent, tout cela n’affecterait en rien le change anglo-indien, si l’ancien régime monétaire du monde n’avait pas été bouleversé par la révolution monométallique qui a éclaté en Allemagne.

Page 1