VESPER
Mais voici que des monts les ombres s'épaississent, S'allongent sur les champs et les bois obscurcissent; Dans les champs et les bois la paix succède aux bruits. Les oiseaux un à un regagnent leurs réduits. Et, sons le vert rempart des feuilles et des mousses. Pour un dernier concert unissent leurs voix douces. Comme un rouge brasier au bord de l'horizon Que]c[ue temps suspendu, l'astre au fervent rayon
Dérobe à tous les yeux sa lumière empourprée ; Sur le sein rembruni de la voûte azurée Et sur lo front des bois quelque temps traîne en-ror De la flamme divine un léger reflet d'or; Puis tout s'éteint... Assis au pied d'une ruine, Le tranquille gardien du troupeau qui rumine Prend sa flûte et, levant son regard vers les cieux, Fait au jour qui s'en va de rustiques adieux; Tandis qu'au bord des lacs doucement attirée Par le calme et les feux naissants de l'empyrée. Avec ses jeunes faons aux timides naseaux La biche vient sans peur humer le frais des eaux.