‹ SilvesChapitre 11 sur 119 · NOX · texte numérisé non relu

NOX

La nuit silencieuse enveloppe le monde.

Et des longs crêpes noirs de son voile elle inonde Également les monts, les plaines et les flots; Tout semble revenir aux onibrcs du chaos. Cependant d'un ton clair la lumière lactée

Détache le ciel pur de la masse attristée,

Mille regards de flamme éveillés dans l'éther

Brillent , en attendant qu'aux campagnes de l'air

La lune ait élevé sa radieuse image...

0 nuit, superbe nuit, sans trouble, sans nuage,

Avec tes vents légers, tes baumes captivants,

Plonge dans le sommeil tous les êtres vivants !

Le jour a consumé les forces de leurs veines;

Pour reprendre au soleil leurs plaisirs et leurs peines,

Pour suivre jusqu'au bout leurs chemins inégaux,

Il leur faut amplement respirer tes pavots;

Qu'ils dorment tous, oui, tous; et vous, blanches étoiles,

Qui de la sombre nuit diamantez les voiles.

Soyez tendres à l'homme, et de vos milliers d'yeux

En songe versez-lui quelque chose des cieux!

Ecrit en 1829.

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