‹ SilvesChapitre 14 sur 119 · LA CHUTE D'EAU · texte numérisé non relu

LA CHUTE D'EAU

Limpide et tranquille rivière.

Oui, née au sein d'un frais vallon, Allais promenant ton (^au claire A travers feuillage et gazon ; Toi, (|ui n'émouvais la nature Que d'un agréable murmure.

Comme zéphir dans les roseaux ; Toi, dont l'homme cherchait la ri\e.

Pour contempler la beauté vive Du ciel bleu colorant les eaux ;

LA CHUTE D'EAL'.

Dans ton heureuse destinée

Quel changement triste et soudain !

Ta pente restreinte et gênée

Te fait bondir comme le daim.

En jets nombreux tu te divises.

Contre cent rochers tu te brises.

Et, roulant sables et cailloux,

Ton onde si calme et si douce

Se couvre de bruit et de mousse

Comme un torrent plein de courroux.

Puis voilà que même la terre

Venant à te manquer, il faut

Terminer ta rude carrière

Par un épouvantable saut ;

11 te faut, liquide avalanche.

Le long d'un roc, en nappe blanche.

Glisser jour et nuit sans repos.

Pour aller, bruyante victime.

Au fond d'un vaste et noir abîme

Perdre l'écume de tes flots.

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