LA CHUTE D'EAU
Limpide et tranquille rivière.
Oui, née au sein d'un frais vallon, Allais promenant ton (^au claire A travers feuillage et gazon ; Toi, (|ui n'émouvais la nature Que d'un agréable murmure.
Comme zéphir dans les roseaux ; Toi, dont l'homme cherchait la ri\e.
Pour contempler la beauté vive Du ciel bleu colorant les eaux ;
LA CHUTE D'EAL'.
Dans ton heureuse destinée
Quel changement triste et soudain !
Ta pente restreinte et gênée
Te fait bondir comme le daim.
En jets nombreux tu te divises.
Contre cent rochers tu te brises.
Et, roulant sables et cailloux,
Ton onde si calme et si douce
Se couvre de bruit et de mousse
Comme un torrent plein de courroux.
Puis voilà que même la terre
Venant à te manquer, il faut
Terminer ta rude carrière
Par un épouvantable saut ;
11 te faut, liquide avalanche.
Le long d'un roc, en nappe blanche.
Glisser jour et nuit sans repos.
Pour aller, bruyante victime.
Au fond d'un vaste et noir abîme
Perdre l'écume de tes flots.