‹ SilvesChapitre 5 sur 119 · L'EAU · texte numérisé non relu

L'EAU

Son limpide cristal ; Tantôt elle secourt une fourmi qui nage Et qui cherche à grand'peine à gagner le rivage

Et le gazon natal.

Puis dans l'onde elle effeuille une touffe de roses, Puis elle enfle sa joue et, les lèvres mi-closes,

Du pur souffle qui sort Elle fait la tempête à sa flotte odorante, Qui sous ses jeunes seins se réfugie errante

Comme au milieu d'un port.

Puis soudain attentive, elle prête l'oreille

Au vol sonore et doux de quelque blonde abeille

Qui passe et court au miel , Ou bien toute ravie elle ouït la cigale Qui chante des chansons dont la douceur égale

La musique du ciel.

Puis enfin elle rêve et dort, et toute blonde Sa tête sur ses bras se replie et dans l'onde

Page 1