L'HISTOIRE DE STRATONICE
Le roi, qui voit l'effet, à repartir est prompt :
« Rassurez -vous, princesse, il n'est si bas encore
Qu'il faille perdre espoir et du dieu d'Épidaure,
Suppliants malheureux, déserter les autels.
Mais nous sommes aux mains des puissants immortels.
Et quand le ciel permet que le mal nous offense.
Nul ne sait comment peut finir notre souffrance.
Quoi qu'advienne, le va3u d'un malade est sacré
Et le fait d'un bon cœur est d"agir à son 2:ré.
Peut-être qu'en suivant mon fils dans son caprice
Nous calmerons un peu ses douleurs. » — Stratonice.
Émue au dernier point de ces tristes propos.
Ne trouve pour réponse à dire que ces mots :
« Je suis votre humble esclave et, toute pour vous plaire.
Seigneur, à vos désirs je saurai satisfaire. »
De ses femmes alors elle appelle l'essaim
Et, tremblante, confie à leur habile main
Les trésors onduleux de sa tête charmante.
On s'empresse. Les sucs que l'Arabie enfante.
Le cinname, le nard oignent ses blonds cheveux.
Les perles, les rubis, entremêlant leurs feux.
L'HISTOIRE DR STR VTO NIC lî. ]*)'i
Serpentent sur son sein. L'or pur de la couronne Comme un vivant soleil ses tempes environne . Et la pourpre de Tyr aux splendides reflets Autour de son beau corps descend à flots épais. On dirait, à la voir si brillante et si belle. Qu'elle va présider quelque féie nouvelle^ Mais son triste regard et sa douce pâleur Décèlent combien peu s'accorde avec son cœur Tout ce luxe. Pourtant, la parure complète, Elle envoie avertir Séleucus qu'elle est prête , Puis d'un pied lent, timide, et lui battant le pouls. Chez le prince malade elle suit son époux.
D'abord au premier bruit que produit la \isite. Le jeune languissant se renfonce au plus vite Sous ses longs draps, et crie aux gardiens du palais Qu'il ne veut voir personne et veut mourir en paix. Mais lorsque jusqu'à lui la voix tendre d'un père Pénètre, cette voix aussitôt le fait taire, Et, remplissant son cœur d'un meilleur sentimonl. Il oi'donno à ses gens d'ouvrir l'appartement.