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LA TOUR DE S AI NT-M ATHURIN

Bien plus de confiance en l'espoir de leurs cœurs

Qu'en toutes les raisons des plus puissantes têtes.

Là fut un noble port où , lassé des tempêtes

Plus d'un pauvre noyé vint essuyer ses jours.

Là, réchauffant son âme au feu des saints amours,

Plus d'un en ressortit plein de nouveaux courages,

Pour retenter encor la vie et ses orages.

Aujourd'hui c'en est fait du refuge sacré,

Le divin oasis est morne et délabré ;

La mousse et le lierre en couronnent le faîte;

Les corbeaux à grand nombre y trouvent leur retraite ,

Et le temps, chaque jour, dans son vol incessant.

D'un coup d'aile en détache une pierre en passant.

Qu'importe ! l'ouvrier qui laboure la plaine

Entend-il le fracas de sa chute soudaine?

Que lui fait le travail de la destruction

Sur cette masse où l'art épancha son rayon?

Pour lui le vide est là. Tandis que sous la lame

De son coutre luisant le sol fume .et s'entame,

11 voit le flot de vie entrer au noir sillon

Avec l'air, et l'espoir d'une riche moisson

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