CYNTHIA
0 lune , il fut un temps où tes blanches clartés
A mon cœur n'inspiraient que rêves enchantés,
Que pensers de bonheur, colorés par l'ivresse
Des sens tumultueux d'une vive jeunesse.
Alors je ne voyais en ta sainte lueur
Qu'un flambeau de l'amour, céleste conducteur
Du pas aventureux des amitiés furtives
Sous l'ombre des grands bois et près des eaux plaintives,
Alors , le chœur charmant des pâles amoureux ,
Comme fantômes doux, renaissait à tes feux,
Roméo , Juliette, Héloïse et toi-même.
Je te voyais, déesse, en proie au mal suprême
Noyer du haut du ciel d'un mystique rayon
Le visage endormi du bel Endymion.