‹ Silves et rimes légèresChapitre 122 sur 244 · A MON AMI A. DAUD1GNA C · texte numérisé non relu

A MON AMI A. DAUD1GNA C

On dit que, voyageant aux plaines de la Grèce,

Le beau dieu de Nysa, le père de l'ivresse,

S'endormit quelque temps près d'un jeune églantier

Comme il se réveillait, le zéphir printanier

Sur l'arbuste en boutons ouvrit une fleur blanche

Qui devant l'immortel fléchit avec la branche.

Bacchus la trouve belle, et sur-le-champ son cœur

Se rappelle, à l'aspect de la douce pâleur,

Les pâleurs d'Ariane errant au bord de l'onde

Dans les égarements d'une douleur profonde.

Ce souvenir l'émeut, et le dieu va poser

Sur l'enfant du zéphir un suave baiser;

Mais, tout en lui faisant cette faveur charmante,

Une goutte de vin à sa barbe pendante

Uoule comme un rubis dans le sein de la fleur,

fit la voilà changée à jamais de couleur,

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