‹ Silves et rimes légèresChapitre 135 sur 244 · A UNE PETITE PILLE · texte numérisé non relu

A UNE PETITE PILLE

\i) sept ans fortunés : dans son rapide cours,

Le temps emportera vos heures d'innocence,

De naïve gaîté, do folio insouciance,

Et , d'un voile couvrant vos yeux purs et sereins,

Courbera votre front sous le poids des chagrins.

Vous connaîtrez l'amer des choses de la vie,

Ce que c'est qu'une ivresse ardemment poursuivi»1

Et qui vient à manquer à nos jeunes désirs,

Vous connaîtrez le monde et ses tristes plaisirs,

Les nœuds de l'amitié rompus, la médisance

Payant de son venin la douce bienveillance,

Et les rêves du cœur, ces fantômes charmants,

Fuyant au vent glacé des durs événements.

Alors , si vous avez toujours avec les rimes

Conservé gentiment des liaisons intimes,

Les rimes «à leur tour viendront dans vos ennuis

Abréger la longueur de vos pesantes nuits.

Le murmure léger de leurs sonores ailes

Enlèvera votre âme à ses peines cruelles,

Et peut-être qu'aussi, le chant mélodieux

Qu'elles feront avec vos soucis douloureux

Sera pour votre cœur plein d'une sombre flamme

Le baume le plus sûr et le meilleur dictame.

Page 1