A UNE PETITE PILLE
\i) sept ans fortunés : dans son rapide cours,
Le temps emportera vos heures d'innocence,
De naïve gaîté, do folio insouciance,
Et , d'un voile couvrant vos yeux purs et sereins,
Courbera votre front sous le poids des chagrins.
Vous connaîtrez l'amer des choses de la vie,
Ce que c'est qu'une ivresse ardemment poursuivi»1
Et qui vient à manquer à nos jeunes désirs,
Vous connaîtrez le monde et ses tristes plaisirs,
Les nœuds de l'amitié rompus, la médisance
Payant de son venin la douce bienveillance,
Et les rêves du cœur, ces fantômes charmants,
Fuyant au vent glacé des durs événements.
Alors , si vous avez toujours avec les rimes
Conservé gentiment des liaisons intimes,
Les rimes «à leur tour viendront dans vos ennuis
Abréger la longueur de vos pesantes nuits.
Le murmure léger de leurs sonores ailes
Enlèvera votre âme à ses peines cruelles,
Et peut-être qu'aussi, le chant mélodieux
Qu'elles feront avec vos soucis douloureux
Sera pour votre cœur plein d'une sombre flamme
Le baume le plus sûr et le meilleur dictame.