‹ Silves et rimes légèresChapitre 148 sur 244 · UNE FORET EN DECEMBRE · texte numérisé non relu

UNE FORET EN DECEMBRE

L'hiver est arrivé : son haleine mordante

A figé dans le bois la séve débordante;

Tout ce que mai joyeux épanouit de fleurs,

De ramages d'oiseaux, de parfums, de couleurs,

Sur le sol verdoyant a disparu ; la vie

Comme un fleuve écoulé semble s'être tarie;

Le ciel est d'un gris mat; sur son rideau muet

Les hêtres , les bouleaux , grâces de la forêt,

Ne profilent aux yeux que de noires arêtes :

Les chênes plus tardifs tiennent bon, à leurs faîtes

La feuille brille encor, mais d'un éclat fatal,

Rouge et comme passée au foyer infernal.

Seuls, dans ce deuil affreux de la triste nature,

Les pins vont contrastant par leur puissante allure;

Plus feuillus qu'en été, plus verdoyants, plus frais,

Us se dressent dans l'air, comme ces ami. vrais,

Page 1