UNE FORET EN DECEMBRE
L'hiver est arrivé : son haleine mordante
A figé dans le bois la séve débordante;
Tout ce que mai joyeux épanouit de fleurs,
De ramages d'oiseaux, de parfums, de couleurs,
Sur le sol verdoyant a disparu ; la vie
Comme un fleuve écoulé semble s'être tarie;
Le ciel est d'un gris mat; sur son rideau muet
Les hêtres , les bouleaux , grâces de la forêt,
Ne profilent aux yeux que de noires arêtes :
Les chênes plus tardifs tiennent bon, à leurs faîtes
La feuille brille encor, mais d'un éclat fatal,
Rouge et comme passée au foyer infernal.
Seuls, dans ce deuil affreux de la triste nature,
Les pins vont contrastant par leur puissante allure;
Plus feuillus qu'en été, plus verdoyants, plus frais,
Us se dressent dans l'air, comme ces ami. vrais,