A M. CHARLES FOURNI F, R
C'est en été, le soleil se couchant
Rougit le ciel, et sa pourpre divine
Éclaire un toit de chaume, au front penchant ,
Dont le mur craque et menace ruine.
Devant la porte, au bord du grand chemin,
Se tient assise une humble paysanne
Qui, les bras nus et la quenouille en main,
Finit sa tâche avant que le déclin
Du jour pâli l'enferme en sa cabane.
A terre sont, â ses pieds étendus,
Un jeune chien gardien de la chaumine,
Puis une vache aux grands yeux doux fendus
Qui lentement et saintement rumine.
Deux chevreaux blancs, accroupis et repus
Comme elle, font leur sieste sur la dure,
Près d'un garçon dont les habits velus