‹ Silves et rimes légèresChapitre 158 sur 244 · UN TABLEAU DE KAKEL DUJARDIN · texte numérisé non relu

UN TABLEAU DE KAKEL DUJARDIN

D'un pastoureau dénoncent la figure.

Tel est le groupe : il est simple, indigent, Et pourtant rien n'y déplaît, tant nature Embellit tout d'un regard indulgent Et fait au pauvre une riche parure.

Est-ce tout? Non, au large du sentier, Venant du fond brumeux de la campagne, Les quatre fers d'un bon genêt d'Espagne Se font entendre, et, ferme en Pétrier, On voit passer un jeune cavalier.

Soudain, la femme, avec un soin honnête, Retient son chien qui voudrait aboyer; Le bergeret, plaintif, penchant la tête, Près du cheval , élève son chapeau Et fait au maître une douce requête. Puis, pour finir cet aimable tableau, Parfait de ton, de dessin et de trame, Un dernier trait, et certes le plus beau, Vous touche au cœur et vous pénètre l'âme : C'est du sommet de son bel animal, Frappant du pied la terre qui résonne, Tranquillement et d'un air amical Le cavalier qui tend la main et donne.

Au Louvre, Ï8Ô2.

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