‹ Silves et rimes légèresChapitre 185 sur 244 · MÉMOIRE DU GÉNÉRAL GAVAIGNAC · texte numérisé non relu

MÉMOIRE DU GÉNÉRAL GAVAIGNAC

Toi, qu'avaient respecté les foudres du canon Et qu'un vent froid d'automne a couché sur la terre, Toi, notre honneur... je veux avec un vers austère Tresser une couronne à ton glorieux nom.

Je ne chanterai pas ta vaillance certaine,

Sur le sol africain ton héroïque ardeur;

Tu fis là ce que fait tout jeune capitaine

Qui naît dans notre France et porte haut le cœur.

Ce que je chanterai, c'est ta vertu civique, Ton esprit ferme et droit, ta mâle probité, Et ton sincère amour de cette république Qui ne fleurit qu'avec l'ordre et la dignité.

A l'œuvre je t'ai vu quand la guerre civile Grondait, et qu'un ramas de féroces brouillons Attisait la révolte et jetait ses brandons A tous les coins fiévreux de notre grande ville,

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Tu ne pactisas point avec les mains de sang,

Tu frappas, quatre jours, l'hydre aux tètes sans nombre,

Et point ne profitas de ta victoire sombre

Pour garder du pouvoir le signe éblouissant.

Au contraire, quand vint l'heure grave où la France T'enleva les honneurs du haut commandement, Tu les quittas sans fiel et rentras en silence Au foyer des aïeux vivre modestement.

Jïcl acte, un des plus beaux que présente le monde, Car de tout temps, partout, c'est une rareté De voir l'homme du glaive aimer d'amour profonde Et couvrir de respect la sainte liberté.

O guerrier, va là-haut t'unir aux grandes Times Que sur terre on nomma Desaix, Hoche, Marceau! Elles t'accueilleront dans leur noble troupeau, Comme une âme pareille et pleine de leurs flammes.

Novt'inMv 185™.

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