PAYSAGES
A M. EMILE COTTENET.
d'après landseer.
On est au bord des flots, au printemps... Calme et pur,
Le soleil renaissant s'élève dans l'azur;
La mer est comme lui : sur les vagues tranquilles,
A l'horizon lointain, cent navires agiles
Cinglent, la voile au vent, et dans différents ports
Vont contre d'autres biens échanger leurs trésors.
Maints pêcheurs font sécher leurs filets sur la plage,
Ou réparent les nefs, victimes de l'orage.
Au haut de la falaise, étendus sur le dos,
Des bergers nonchalants paissent de blancs troupeaux.
A côté d'un affût brisé, de jeunes filles
Composent en chantant des bouquets de jonquilles,
Et la brebis, sans peur de leur chant printanier,
Broute l'herbe qui croît au fond d'un vieux mortier.
i) a pues c \ [. \m E.
Voici le roi des pics, le superbe Mont-Blanc, Qui livre au voile épais du soir son large flanc. Tandis qu'autour de lui ses filles, les montagnes, Avec leurs bois touffus et leurs vertes campagnes Se revêtent de noir, lui, sur son front vermeil, Conserve dans la nuit les roses du soleil. C'est charmant, mais je dis : Est plus charmante encore L'enfant qu'un mot. d'amour intimide et colore, Et qui, les yeux baissés et les deux seins émus, Rougit longtemps après qu'elle ne l'entend plus.
» atp.es tp. oyo\.
Buisson malencontreux qui resserres la route,
Quelle main planta là tes épines? Sans doute
Le riche possesseur de quelque vert jardin,
Jaloux de le garder de tout mufle qui broute,
Quand le bétail s'en va paître le ciiamp voisin.
Les grands bœufs au cuir dur auprès de toi sans peine
Cheminent, car tes dards s'émoussent sur leurs dos,
Mais les blanches brebis, mais les tendres agneaux,
Ne te longent jamais sans te laisser leur laine,
Et souvent leur sang pur empourpre tes rameaux...
O vie, ô grand chemin qui mène à l'autre monde, Que de halliers pareils sur tes bords verdoyants! Qu'il nous faut côtoyer de buissons outrageants Avant d'être à la fin de ta ligne profonde! Hélas! bêlas! quand tous nous serons parvenus A notre dernier pas, du blond rabbin Jé->us