‹ Silves et rimes légèresChapitre 190 sur 244 · UNE PENSEE D'OS SI AN · texte numérisé non relu

UNE PENSEE D'OS SI AN

Que ceux qui commencent la vie, Et savent encor peu des choses d'ici-bas, En traversent les champs, l'âme toute ravie, L'œil en gaité, la voix pleine d'éclats!

Belle est vraiment l'insouciance De tous les jeunes cœurs n'aspirant qu'au plaisir Et dans leurs bonds légers croyant à la constance Du feu follet que poursuit leur désir.

Je l'aime, mais je lui préfère, Sous un saule couché, le front pâle et rêveur, Qui, connaissant le prix d'une haleine prospère, Savoure en paix un éclair de bonheur;

Une Daura plaintive et blanche Qui, revoyant l'époux qu'elle croyait perdu, Muette, au bord des flots, languissamment se penche Au bras aimé du héros attendu;

Ou bien quelque pauvre orpheline Sur qui tombe un regard noble et consolateur, Et qui solde la main prévenant sa ruine Avec l'or pur d'un regard enchanteur.

Le sourire de la tristesse Est doux comme l'ondée aux beaux jours du printemps, Doux comme le zéphyr sur le flot qui s'abaisse, L'azur céleste après les noirs autans.

Publié en 1857.

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