A VINGT ANS DE DISTANCE
C'était un jour d'hiver, bien froid, niais sans nuage.
Un hasard m'avait fait traverser le village
Tranquille où mon aïeul maternel abrita
Longtemps les jours heureux que le ciel lui compta.
Tout naturellement je recherchai la vue
Du logis dans lequel sa vieillesse chenue
S'était épanouie, et dans lequel aussi
Mon petit corps d'enfant, léger et sans souci,
Aux soleils des étés, à leur effervescence,
Librement et gaîment avait pris sa croissance.
En le trouvant debout avec ses quatre tours,
Sa grand'porte, ses toits pointus, comme toujours,
Son aspact aussitôt en mon âme fit naître
Désir d'y pénétrer... mais, inconnu du maître,
N'osant me présenter, je résignai mon cœur
A cheminer autour des murs, lent et rêveur.
A la fin, vers un coin donnant sur la campagne,
Trouvant quelques moellons, je les mis eu montagne,