‹ Silves et rimes légèresChapitre 191 sur 244 · A VINGT ANS DE DISTANCE · texte numérisé non relu

A VINGT ANS DE DISTANCE

C'était un jour d'hiver, bien froid, niais sans nuage.

Un hasard m'avait fait traverser le village

Tranquille où mon aïeul maternel abrita

Longtemps les jours heureux que le ciel lui compta.

Tout naturellement je recherchai la vue

Du logis dans lequel sa vieillesse chenue

S'était épanouie, et dans lequel aussi

Mon petit corps d'enfant, léger et sans souci,

Aux soleils des étés, à leur effervescence,

Librement et gaîment avait pris sa croissance.

En le trouvant debout avec ses quatre tours,

Sa grand'porte, ses toits pointus, comme toujours,

Son aspact aussitôt en mon âme fit naître

Désir d'y pénétrer... mais, inconnu du maître,

N'osant me présenter, je résignai mon cœur

A cheminer autour des murs, lent et rêveur.

A la fin, vers un coin donnant sur la campagne,

Trouvant quelques moellons, je les mis eu montagne,

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