‹ Silves et rimes légèresChapitre 221 sur 244 · A MADAME MARIE HONS-OLI VI ER · texte numérisé non relu

A MADAME MARIE HONS-OLI VI ER

Fier rocher, tu n'as point la pompe des grands bois Sur ton sommet chenu faisant flotter leur ombre, Ni prés verts à tes pieds, couverts de fleurs sans nombre, Où de gais ruisselets jasent à demi-voix.

Mais tu peux te vanter de beautés plus sublimes D'un cap illuminé qui monte dans les cieux, De navires en course et de flots radieux Ou tourmentés des vents sur les vastes abîmes.

Puis, quand l'hiver brumeux attaque tes remparts, Les flagellant d'écume, et de pluie et de neige, L'imagination te voit, ferme en ton siège, Braver avec dédain les vents et les brouillards,

Plus beau, dans ces moments d'assaut et de tempête , Que lorsqu'aux soirs d'été, par un air sans émoi, ■ Le monarque du jour s'incline devant toi Et d'un reflet pourpré te couronne la tête.

Tmité de l'anglais, 1863.

Page 1