‹ Silves et rimes légèresChapitre 224 sur 244 · LA BRANCHE MORTE · texte numérisé non relu

LA BRANCHE MORTE

La plus grossière part des doux accouplements ,

Ils ne retraceront en nos entendements

Que les plus purs instants de l'union parfaite.

De là, chers adorés, d'indestructibles nœuds Augmentant , redoublant leurs serrements joyeux A tout avènement d'existences nouvelles; Car, une fois entrés au cœur, les amours vrais N'en doivent plus sortir, ni s'éteindre jamais, Étant du grand amour les divines parcelles.

O maître de Florence, ô sublime voyant Dans les choses du ciel, ô Dante, maintenant Je comprends mieux les faits de ton allégorie ; Pourquoi tu mis aux champs de l'expiation La fontaine Eunoè , cette onde ayant le don De ne vous rappeler que le bien de la vie;

Pourquoi, dès que ton âme eut purgé ses erreurs Et d'un éther plus haut aspiré les fraîcheurs, Tu retrouvas soudain ta chère Béatrice ; Et pourquoi la beauté de l'être ravissant, Ainsi que ton amour, allait toujours croissant, Plus vous montiez tous deux vers l'Ame créatrice!...

Fontainebleau, novembre 1863.

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