‹ Silves et rimes légèresChapitre 56 sur 244 · LES BLUETS · texte numérisé non relu

LES BLUETS

Les bluets sont fleuris; Dans les blés mûris Ils croissent par mille.

Les blnets sont fleuris :

Sortons de la ville, Sortons de Paris.

Ah! quel plaisir, Lucette, Quel plaisir de respirer l'air Autrement que par l'huis ouvert

D'une étroite chambrette!

Quel plaisir de voir dans les champs

La moisson toute blonde Sous la fraîche haleine des vents, S'enfler et rouler comme l'onde !

Prends à la main ta fille Et, ton bras posé sur mon bras, Allons faire un tour pas à pas,

Dans la plaine qui brille.

Tandis que les bluets en fleurs

Tenteront la chérie, Des souvenirs doux à nos cœurs Nous mettront l'âme en rêverie.

Les bluets, ma Lucette, Sont fleurs que chérissent les cieux Je veux que notre enfant joyeux

S'en couronne la tête.

En lui vo}rant l'azur au front,

Tous les gens de la plaine Avec un sourire diront : Vive l'été : voilà sa reine!

Les bluets sont fleuris; Dans les blés mûris Ils croissent par mille.

Les bluets sont fleuris :

Sortons de la ville, Sortons de Paris.

LA CHATAIGNE.

La châtaigne commence A paraître aux faubourgs :

C'est l'hiver qui s'avance; Adieu les beaux jours!

Cher Paris, tes dimanches Ne verront plus sortir Habits neufs, robes blanches Avec tant de plaisir.

Fleur en main, l'âme tendre, Aux champs l'on n'ira plus Folâtrer et s'étendre Sur les gazons touffus.

Plus de filles alertes Tout le jour travaillant, Les fenêtres ouvertes , Au soleil sémillant;

Plus de jeux à la brune Sur le seuil des maisons, D'amours au clair de lune, De danses, de chansons!

Il faut que l'on reprenne Les ennuis du logis Et les longs jours de peine Et les plus longues nuits; Et que chacun demeure Près d'un rouge tison A voir s'écouler l'heure :

Oh ! la triste saison !

La châtaigne commence A paraître aux faubourgs; C'est l'hiver qui s'avance :

Adieu les beaux jours!

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