‹ Silves et rimes légèresChapitre 87 sur 244 · LA TERRE. L · texte numérisé non relu

LA TERRE. L

N'attendons pas la mort, n'attendons pas le terme Si redoutable aux cœurs aimants.

Ma lèvre est toute sèche et mon cœur plus aride Qu'au sommet des grands monts n'est le chauve rocher.

Mon àme est un torrent au flot large et rapide, Qui gonfle ma poitrine et qui veut s'épancher.

Je suis pâle d'amour, tout chancelle à ma vue,

Comme aux yeux d'un homme ivre au fort de la chaleur.

Et moi je cède au poids de la même langueur, De mes pieds tournoyants la force diminue : Reçois-moi dans tes bras et prends-moi sur ton cœur.

Cessez votre air mélancolique,

Douce guitare et tambourin;

Et vous, babillardes sans frein,

Castagnettes au fol entrain,

Taisez-vous comme la musique : L'étoile de Vesper s'en vient chasser le jour; C'est aux rossignols seuls à nous parler d'amour.

Ecrit en 1835.

Page 1