Stubbs, Select Charters^ p
puisque la haute noblesse en était réduite à supplier le roi de réformer le personnel de l'administration provinciale.
Les comtés étaient divisés en centaines [hundred^ ou wapentake dans plusieurs comtés du nord). Le bailli* était à la tête de la centaine comme le shériff administrait le comté ; comme le comté, la centaine avait sa cour, composée des mêmes éléments. Par un édit de 1234, qui complétait l'article 42 de la Grande Charte de 1217, Henri III décida que les cours de hundred et de wapentake, comme celles des seigneurs qui avaient des privilèges de justice {soc et sac)^ seraient tenues toutes les trois semaines, et il autorisa tous ceux qui n'étaient pas parties aux procès à se dispenser d'y venir*. On n'y traitait donc que de menues affaires, la plupart d'ordre civil; mais c'était dans le hundred moot assemblé, on se le rappelle, une fois l'an, après la Saint-Michel, que le shériff passait la revue des cautions collectives, et s'assuraient que « les dizaines étaient pleines » .
Le plus bas degré de l'organisation administrative était formé par les circonscriptions rurales {townships) et urbaines (bourgs et cités). Il n'est pas nécessaire d'y insister longuement ici : nombre de townships avaient été convertis en manoirs, et l'on a vu comment étaient administrés ces manoirs considérés, soit comme exploitations rurales, soit comme seigneuries. D'autre part il ne rentre pas dans mon sujet de donner même une esquisse rapide du système municipal de l'Angleterre au milieu du xiii' siècle, de dire pourquoi l'Angleterre ne connut pas les révolutions communales qui ébranlèrent si fort la France et la Flandre ; excepté Londres et les Cinqs Ports, les villes n'en sentaient pas le besoin : affranchies ou sujettes, elles avaient leur place dans les cours de comté et de centaine*. Devant les juges
1. Balltvus ou Hundredarius ; ce dernier mot se trouve dans les Provisions d'Oxford. Stubbs, Select Charters, p. 387.