C'est ce qu'a très bien vu Mat. Paris, V
sa piëtë exaltée ' ; quand on lui reprochait sa condescen* dance pour un prince qui possédait encore de si beaux fiefs en France, il rappelait que Henri III ëtait son parent, qu'ils avaient ëpousé les deux sœurs, que leurs enfants étaient cousins, et qu'une guerre entre eux serait presque fratricide*. On n'ignorait pas surtout les scrupules de saint Louis à l'égard des conquêtes de son père et de son grand-père en Normandie et dans l'Ouest. Sans doute il déclarait bien haut qu'il tenait pour légitime le jugement prononcé par Jean sans Terre en ISOB*^; mais sa conscience faisait le procès à sa raison*. Une paix définitive et honorable pour les deux pays aurait le double avantage de faire taire ces scrupules, et de régler une fois pour toutes les rapports entre la France et l'Angleterre.
Ainsi les désirs des deux souverains et les intérêts des deux pays rendaient possible une entente commune : sur quelle base pouvaiton et allait-on l'établir? Pendant cinq ans (1254-59) d'activés négociations furent poursuivies entre les deux rois ; c'est à Paris qu'elles eurent lieu d'ordinaire ; c'était alors à la France de poser ses conditions, à l'Angleterre de les discuter et de les subir. Parmi les nombreux plénipotentiaires envoyés de l'autre côté du canal par Henri III, le nom de Simon de Montfort revient sans cesse : déjà en 1248 et en 1249 il avait obteùu' la prolongation de la trêve accordée par Louis IX en 1243. Cette trêve ayant expiré en 1255, c'est encore Simon qui fut chargé de négocier, et qui obtint une nouvelle prorogation'. Quand il s'agit d'interpréter les conventions arrêtées