‹ Simon de Montfort, comte de Leicester: comte de Leicester, sa vie (120?-1265Chapitre 132 sur 232 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

La réaction, Henri III annule les Provisions d'Oxford (2 mai 1262).^ Le roi de France choisi pour arbitre : i» entre Henri III et Simon de Montfort (1262); 2* entre les barons anglais et le roi S Angle* terre. Le Dit d^ Amiens (24 janvier 4264).

Une des plus importantes garanties constitutionnelles qu'avaient obtenues les barons anglais à Oxford, c'était le retour périodique du Parlement. Henri III, le 13 octobre 1259, avait solennellement promis de le réunir trois fois Tan : à la Chandeleur (2 février), en juin et en octobre. Mais au mois de février 1260, le roi d'Angleterre se trouvait encore en France, retenu par le mariage de sa fille Béatrice avec le jeune comte de Bretagne, que la mort du fils aîné de saint Louis vint encore retarder \ Il désirait en outre régler les points de détail réservés par le traité de Paris, et, dans cette intention, il avait entamé de nouvelles négociations avec le roi de France. L'absence prolongée de Henri III devait-elle empêcher le Parlement de se réunir? Question grave et de laquelle dépendait en partie le sort des nouvelles institutions ; si le Parlement, après les Provisions d'Oxford, reste ce qu'il était auparavant, c'est-àdire le conseil féodal du roi, assemblé quand le roi le désire, il n'y a rien de changé ; la victoire des barons est de nul effet. Si au contraire le pouvoir législatif et exécutif du Parlement n'est pas un vain mot, il faut qu'il puisse se réunir, même en l'absence du roi. Telle était l'opinion de Simon de Montfort ; aussi, voyant Henri III prolonger, sous

1. Le 26 janvier 1260 (le rôle original porte le 16, par suite d*ane erreur évidente), Henri III écrit de Lusarches à son conseil : c qu'il s'était proposé de repasser le détroit aussitôt après Noël ; mais le roi et la reine de France avaient voulu assister, à Gompiègne, au mariage de Béatrice, qui devait avoir lieu trois semaines après Noël. Ce jour-là (14 ou 15 janvier), on avait mis en terre à Royaumont le fils aîné du roi de France; le mariage avait donc été reculé jusqu'au 22, et célébré ce même jour à Saint-Denis » Bot. claus., anno 44, m. 3.

divers prétextes ^ plus spécieux que sérieux, son séjour en France, quitte-t-il Paris sans prendre congé de son beaufrère, et, rejoignant sa femme en Normandie, il s'embarque à Wissant avec des chevaux et des armes. « Pour sauver son serment » , il se rend tout droit à Londres à la tête de sa troupe; les autres membres du Conseil qui étaient en Angleterre, firent de même. A la prière du Justicier, les barons attendirent cependant trois semaines, puis, décidés à se passer du roi qui se moquait d'eux, ils entrèrent en session, Le comte de Leicester montra, et il s'en vanta plus tard, une grande activité « pour la commune empriseV » C'est encore aux étrangers qu'on s'attaqua. Les parents du roi, les Poitevins, avaient été chassés en 1258, mais ceux de la reine n'avaient pas été inquiétés. Ce fut leur tour en 1260. Pierre de Savoie semble avoir vécu jusqu'alors en bonne intelligence avec Simon de Montfort ; c'était un des coalisés du 12 avril ; il avait juré les Provisions, il représentait le parti des modérés. Malgré son caractère et ses services, il fut obligé de quitter le Conseil '. Cette disgrâce affligea la reine Aliéner, qui aimait ses oncles ; elle s'était plusieurs fois interposée entre Simon compromis et le roi furieux ; désormais elle sera un des agents les plus actifs de la résistance contre les barons.

Le comte de Leicester le comprit si bien, qu'il fit tous ses préparatifs pour une lutte prochaine. 11 s'entoura d'hommes appelés de l'étranger, chercha de nouvelles alliances, et réussit même à rattacher pour un moment à sa cause l'héritier présomptif de la couronne, son neveu Edouard *. Quand Henri III, à court d'argent, réclama de

1. Le roi les expose dans une lettre du 19 février 1260, n. st., publiée par Shirley, Boyal letters, II, 158. A la fin de cette lettre, Henri III défend qu'on réunisse le Parlement, en son absence; la justice, ajoutet-il, n'en sera pas moins bien rendue par Hugues Bigdd, sous la surveillance du conseil. En même temps il annonce à ce dernier qu'il est décidé à reprendre l'afFaire de Sicile.

2. Voy. à l'Appendice, pièce n» 37. Cf. Rymer, à la date du 28 avril 1260. Le comte passa le 10 février par rabbajre de Saînt-Alban : il y demeura une nuit, et offrit à l'église un précieux baldaquin. Green, Princesses, II, 118.

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