‹ Simon de Montfort, comte de Leicester: comte de Leicester, sa vie (120?-1265Chapitre 151 sur 232 · M. Prothero n'est pas de cet avis; p. 294, en note · texte numérisé non relu

M. Prothero n'est pas de cet avis; p. 294, en note

2. Le 23 juin 1264, Henri III donne pleins pouvoirs à Tévèque de Chichester, a Simon et à Gilbert de Clare « nominandi nobis novem de fideïioribus, peritioribus et utiiioribus regni nostri, tam prelatis quam aliis, de quorum consilio négocia regni nostri secundum leges et consuetudines ejusdem regni regere volumus, quousque Misa per nos et barones nostros apud Lewes nuper facta, vel alia forma, si qua meiior provideri possit, compleatur. > Bot. pat., anno 48, m. 10.

3. D*après les indications fournies par la note suivante, on peut le constituer à peu près ainsi : Simon de Montfort, sénéchal d'Angleterre, Hugues Despenser, justicier, les évoques de Worcester et de Londres, Pierre de Montfort, Gilles d'Argenton, Raoul Camoys, Adam de Newmarket et Roger de Saint-Jean.

4. La liste des 9 conseillers est difficile à établir. Nulle part, que je sache, on ne la trouve complète. Après avoir relevé avec som les noms de tous ceux qui ont souscrit les actes royaux du 30 mai 1264 au mois d'août 1265, je suis arrivé aux résultats suivants. Sont nommés très fréquemment, et dès le mois de juin : le comte de Leicester, le justicier Hugues Despenser, Pierre de Montfort, Adam de Newmarket; à partir du mois d août : Gilles d'Argenton (ou Argentan ?), Raoul de Camoys, l'évoque de Londres; à partir de janvier 1265 seulement : Roger de Saint-Jean. Sont encore nommés : le comte de Gloucester, deux fois le 4 et le 5 juin 1264, Henri de Bohun, une seule fois le 11 juin; révêque *de Worcester et Jean, fils de Jean, une seule fois le ?5 août; de même H. de Barham, le 16 septembre, et Thomas de Chanteloup le 16 février. Soit quatorze noms parmi lesouels certainement se trouvent ceux des 9 conseillers. — Rymer, aussi oien dans l'édition

Quant à la réforme de l'Église, elle fut renvoyée à une commission spéciale composée de trois évêques. Il ne s'agissait pas, bien entendu, d'apporter le moindre changement à la constitution même de l'Église ; mais la guerre civile avait porté de graves atteintes aux personnes et aux propriétés ecclésiastiques ; des prélats avaient été chassés de leur siège et contraints à l'exil, des biens pillés ou confisqués. C'est à tous ces désordres qu'il fallait porter remède. Une déclaration, délibérée dans le Parlement d'octobre, y pourvut*. Par le commun assentiment du roi, des prélats, comtes et barons d'Angleterre, trois évêques devaient être nommés avec pouvoir « d'establir des amendes résonnables pour les forfez qu'ont esté feit contre seint Iglise » ; de « porvaier les choses qi besoingnables sont a plein reformement de Testât de seinte Iglise, a l'oneur Dieu e a la foi nostre seignor le roi e au profit du reaume » ; les récalcitrants seraient punis « par sentence de sainte Iglise » , et au besoin « par laie force » . Pour cela, le Justicier aura sous ses ordres une centaine de chevaliers ou de sergents à gages « eluz a destreindre les meffesseurs » . Les bénéfices possédés par des étrangers ou autres « qi ont esté contre la terre » , seront confisqués et « sauvement gardez par les mains des prelaz » . Enfin la présente provision devra durer pendant un an ou deux, jusqu'à ce que les choses soient en paix (29 octobre 1264').

Tels sont les arrangements pris par les vainqueurs de

de 1816 que dans celle de 1 739, ne mentionne les membres du conseil qu'à partir de février 1265. Il donne tous les actes qui précèdent comme étant délivrés au nom du roi seul : « teste Rege... c On pourrait donc croire , à n'étudier que le seul Rymer, que le conseil fut organisé seulement après le grand Parlement de 1265. C'est une erreur.

1. Nouveau Rymer, à la date du 29 octobre. Voyez à l'Appendice, no 40.

2. L'archevêque de Canterbury s'était réfugié sur le continent; les ^ands du royaume arrêtèrent en mars 1265 les conditions auxquelles il serait tenu de se soumettre pour pouvoir rentrer en Angleterre. Rymer, qui publie cet acte, le place à l'année 1264. Il est bien vrai qu'on lit au rôle des lettres patentes, comme dans l'imprimé : « Anno domini m. ce. sexagesimo quarto, mense marcii >. Mais j'ai constaté que l'acte est inséré, non, comme le dit Rymer, au rôle de l'année 48, mais à celui de l'année 49, qui commence en octobre 1264. En outre, la teneur même de l'acte prouve manifestement qu'il ne peut être antérieur à Lewes. Ea mars 1264, Henri III aurait-il, • au nom de tout son conseil » {Per totum consilium), interdit au primat de ramener avec lui des étrangers?

Lewes : le pouvoir executif rendu aux barons, les étrangers écartes de Tadministration, satisfaction donnée à TEglise, qui garde ses biens tout en sacrifiant les personnes. C'est l'œuvre propre de Simon de Montfort : et, si l'on veut se faire une idée de ce a gouvernemeîit des âmes et des corps » dont il s'était si souvent entretenu avec Adam de Marsh et Robert Grossetête, c'est là qu'il faut la chercher, tout en faisant la part de ce que les nécessités pratiques ont pu ajouter ou retrancher à ses conceptions primitives*. Enfin si cette constitution est son œuvre, il en est à son tour le principal instrument, la plus ferme colonne. Désormais, il est sans contredit le premier personnage de l'État. C'est son habileté et sa bonne étoile qui ont vaincu à Lewes; il a entre ses mains ou il a confié à la garde de ses fils et de sa femme les otages livrés par le roi, le roi lui-même, et plusieurs des plus illustres prisonniers faits dans la bataille. Henri 111 n'est plus rien ; roi de titre, il n'a plus aucun pouvoir. Les actes continuent à être rédigés en son nom, mais c'est le comte de Leicester qui les ordonne et qui en porte la responsabilité. Simon, sénéchal d'Angleterre, grand-électeur, conseiller du roi, dirige tout ; il est le Protecteur du Royaume.

Son autorité était d'autant plus étendue, qu'en réalité on n'était pas sorti du provisoire : la Mise de Lewes n'était pas encore, comme il avait été promis, entièrement a amé-

1. C*est ce qu'indique assez nettement un long poème latin publié par M. Wright dans ses Polilical songs (Camden Society, 1839), et analysé par M. Prothero, p. 178 et 319. M. Prothero en a de plus donné des extraits en Appendice, p. 375. On y retrouve parfois les idées de Bracton sur la loi :

Ista lex sic loquitur : « per me régnant reges; Fer me jus ostenditur hiis qui coudant leges »... Dicitur vulgariter : a ut rex vult, lex yadit ».

Veritas vuU aliter; nam lex stat, rex cadit

Erffo régi libeat omne quod est bonum; Sed malum non audeat. . .

Qui regem custodiunt ne peccet temptatus, Ipsi régi serriunt.

Le roi doit donc prendre des conseillers parmi les gens de son royaume, et non parmi les étrangers :

Magnatibus incumbit videre

Que regni conveniant gubemationi Et pacis expédiant conservation!.

Rex mdiçenas sibi latérales

Habeat, non advenas, neque spéciales Vel consiliarios vel regni majores, Qui supplantant alios...

liorée et complétée »; le roi n'était pas libre, et les otages qu'il avait donnés étaient toujours en prison. Les trois électeurs, sorte de comité de salut public où se concentraient tous les pouvoirs, avaient d'ailleurs une tâche immense à remplir. Il fallait mettre le pays à l'abri de toute intervention étrangère, assurer la ti^anquillité intérieure du royaume, donner à l'Angleterre une constitution définitive; en un mot, il fallait mener de front la guerre, la diplomatie, l'administration, les réformes politiques, tout cela dans un pays profondément troublé, en face d'adversaires vaincus, mais non désarmés, et en s' appuyant sur un parti que sa victoire même allait diviser. Par son activité, par son énergie, Simon prouva qu'il était fait pour diriger les affaires d'un grand pays, et justifia les espérances qu'on avait mises en lui.

La victoire de Lewes avait été moins un combat qu'une débandade. Les fuyards avaient pris une double direction : les seigneurs de la Marche Galloise s'étaient retirés chez eux, tandis que les étrangers et leurs partisans avaient gagné en toute hâte le bord de la mer pour s'assurer une Ubre traversée au delà du canal. Simon se mit à la poursuite des uns et des autres. Réduits à leurs propres forces, Roger de Mortimer et Roger de Clifford, les principaux barons de la Marche Galloise, entrèrent en pourparlers avec le roi et lui livrèrent des otages*. Au Sud, le comte de Varenne, Hugues Bigod et Guillaume de Valence s'étaient jetés dans Pevensey, puis, laissant dans cette place, alors importante, une forte garnison, ils étaient passés en France ' . Le jeune Simon fut chargé de faire le siège de la place*, où il échoua d'ailleurs entièrement*, pendant

1. Accord confirmé par le roi, le 25 août. Rot, pat., anno 48, m. 5.

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