‹ Simon de Montfort, comte de Leicester: comte de Leicester, sa vie (120?-1265Chapitre 153 sur 232 · Shirley, Boyal letters, II · texte numérisé non relu

Shirley, Boyal letters, II

merdy et les places fortes commandées seulement par des Anglais.

Disons-le tout de suite pour n'avoir plus à y revenir : ces négociations traînèrent en longueur sans produire aucun résultat* : à la veille d*Evesham,on était encore aussi peu avancé qu'au lendemain de Lewes. Il est permis de croire que de part et d'autre on n'apporta pas à ces pourparlers une grande ardeur^ que les ambassadeurs anglais surtout cherchèrent moins à signer la paix qu'à gagner du temps. En fait Louis IX ne se lassa pas d'offrir ses bons offices, et ne songea pas un moment à intervenir directement, ni lui, ni son frère Alfonse, dans les affaires intérieures de l'Angleterre ; si les barons n'avaient d'autre but, ils l'atteignirent complètement '.

Rien à craindre par conséquent du côté de la France. Il n'en était pas de même avec Rome. Le Saint-Siège ne pouvait voir que d'un très mauvais œil la victoire du parti

1. Les premiers négociateurs sont R. de Ver, prieur de Saint- Jean de Jérusalem, frère Ambélard, maître du Temple, et maître Richard de Mépham, archidiacre d'Oxford (Rot. pat.^ anno 48, m. 6, d.)- — Puis ron songe à Henri d'Allemagne, que Ton fait sortir exprès de prison (Rymer, 4 septembre). — Le 1 1 septembre, on donne de pleins pouvoirs à Tévèque de Londres, et à Hugues Despenser, justicier, à Charles d'Anjou et à l'abbé du Bec; l'archevêque de Rouen était chargé, s'il y avait lieu, de départager les voix. Deux jours après, les évèques de Worcester et de Wmchester sont adjoints aux premiers (Rymer). — Le 24, Henri et Raoul de Sandwich sont commis pour jurer sur l'àme du roi la paix signée à Lewes et scellée des sceaux de Leicester et de Gloucester (Pat.^ m. 3, d.); le roi demande en même temps au légat un sauf-conduit pour Pierre de Montfort (Rymer). — Le 30 octobre, il demande un sauf-conduit pour ses ambassadeurs {Pat,, anno 49, m. 29). Trois semaines plus tard, il envoie son clerc Edouard de la Knolle en France (Rymer, 18 novembre). — Le 20 janvier 1265, nouveau saufconduit réclamé pour les commissaires anglais (Pat,, m. 29). De son côté, le i5 mars, Henri III en accorde un, valable jusqu'au 19 avril, à ceux du roi de France (Rymer). — Le 14 avril, c'est encore Henri d'Allemagne, accompagné cette fois de l'abbé de Westminster, que le roi envoie en France (Pat, y m. 18). Le 17 mai, ce sont les commissaires français qui doivent arriver en Angleterre, et au devant desquels Henri III envoie deux galies iClaus,^ m. 6, d.). Henri d'Allemagne était alors en France, et Henri III priait Louis IX de prendre en main les affaires dont son neveu devait l'entretenir (Pat,, m. 16, 18 mai). Un sauf-conduit est encore accordé aux envoyés du roi de France, le 14 juin (Ibid,, m. 13). — Puis survient, le 4 août, la catastrophe d'Ëvesham.

2. Selon Primat, c'est l'obstination de Simon qui rendit inutiles les pourparlers de Boulogne : f et quant le roi vit et considéra qu'il ne le povoit fléchir de son propos, il l'en lessa aler, sans faire rien de celi négoce.. . > HUt. de Fr,y JLXIII, 17.

aristocratique en Angleterre. Avec Simon de Montfortau pouvoir, il ne pouvait espérer de recevoir le tribut annuel que Jean s'était engagé à payer au pape. 11 redoutait peut-être plus encore les liens d'amitié qui attachaient le chef de la Révolution victorieuse à plusieurs prélats anglais, et voyait fort bien que, si les barons s'étaient soulevés contre les. Poitevins ou les Provençaux, le clergé partageait les mêmes passions. L'archevêque de Canterbury, n'appartenait-il pas à ces familles détestées qu'on venait de chasser ! Ne jouait-il pas dans le monde ecclésiastique le rôle que les Pierre de Savoie, les Guillaume de Valence avaient occupé dans la société laïque ? La majorité du clergé anglais a presque toujours fait preuve d'indépendance à l'égard de Rome ; c'est cette majorité qui triomphait avec Simon de Montfort. Enfin, grief plus cuisant encore, les barons avaient fait échouer l'entreprise de Sicile : depuis 1258, le pape n'avait plus trouvé d'argent en Angleterre, et n'avait pu résister dans le royaume de Naples à l'heureux et habile Mainfroi; en 1264 le coup de surprise de Lewes avait fait tomber aux mains du comte de Leicester le roi de Germanie, que son frère Henri 111 n'avait poussé au trône d'Allemagne que pour appuyer la domination d'Edmond sur Naples et sur la Sicile. Dès 1263, il avait fallu résilier l'onéreux marché qui avait stérilement épuisé le trésor d'Angleterre, et chercher à qui vendre à nouveau la couronne*; le Saint-Siège avait bien trouvé en Charles d'Anjou, le frère de saint Louis, l'homme qu'il souhaitait pour remplacer le trop jeune et trop pauvre Edmond; mais les préparatifs du prétendant français étaient loin d'être achevés; tout restait en suspens; Mainfroi jouissait en paix de son usurpation, et le pape pouvait, à bon droit, rendre le comte de Leicester responsable de tant de déboires*.

Attaquée dans ses principes, blessée dans ses intérêts, la papauté était donc l'adversaire déclarée de la Révolution anglaise; et, de même qu'en 1260 le pape Alexandre IV avait condamné les Provisions d'Oxford, Urbain IV après Lewes prit résolument parti contre les vainqueurs. Le légat. Gui Foucod, archevêque de Narbonne et cardinal diacre de

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