‹ Simon de Montfort, comte de Leicester: comte de Leicester, sa vie (120?-1265Chapitre 158 sur 232 · Shirley, Royal letterSy II · texte numérisé non relu

Shirley, Royal letterSy II

2. Il avait obtenu, il est vrai, un îmiwrtant changement à sa condition : au lieu d'être en la garde de Henri de Montfort, il avait été remis à son père : « Cum Edward nostre fîz, et Henri, le fiz le rois de Alemaigne, après la bataille de Lewes, pur la pes de la tere maintenir, fussent mis ostages a demorer en la garde sir Henri de Montfort; et ledit Henri de Montfort, par assentement des prelaz, les avaunt diz Edward et Henri rendi a nos, nos le avaunt dit Henri de Montfort de la garde avaunt dite aquitons. » 10 mars 1265 (Rot. pat., 49, m. 21).

Montfort voulait garder jusqu'à la fin les gages qu'il avait entre les mains, bien décidé à n'y renoncer qu'après avoir abattu le dernier de ses ennemis. Politique dangereuse, qui perpétuait l'état de révolution, et semblait substituer à l'arbitraire d'un roi, le despotisme d'un sujet révolté et victorieux.

L'Angleterre ne devait pas subir longtemps cette étrange situation. De toutes parts grossissait Forage qui allait bientôt renverser le nouveau dictateur. La descente des étrangers, la défection du comte de Gloucester, la fuite du prince Edouard sont les trois actes principaux de cette tragédie qui trouve dans la désastreuse journée d'Evesham un sanglant dénouement.

Sur le continent, les ennemis du comte de Leicester avaient mis l'hiver à profit. Rebutée par le roi de France et par Alfonse de Poitiers, la reine Aliénor avait trouvé de l'argent dans le riche duché de Guyenne*. Cette fois ses efforts ne furent pas stériles comme l'année précédente. Déjà, en mars 1265, les étrangers étaient rentrés en Angleterre ' ; Pierre de Savoie à Pevensey , qui avait résisté victorieusement à la double attaque du jeune Simon ; Jean de Varenne à Lewes, au lieu même où, moins d'un an auparavant, le parti royaliste avait été vaincu; le transfuge Hugues Bigod à Boseham ; Guillaume de Valence à Brehendon. Sommés, le 19 mars, de comparaître au prochain Parlement pour répondre de leur conduite, qui violait ou-

D^autre part, Simon réprimait sévèrement les insolences qui Tatteignaient : le 23 février 1265, le roi ordonnait à Jean, fils de Jean, de mettre en prison Guillaume de La Zouche, qui s'était permis de proférer des menaces contre Simon de Montfort et autres barons, et de Vy garder jusqu'au jour où les susdits barons auraient tiré du factieux une satisfaction suffisante. Bot. clans, ^ anno 49, m. 9, d. Cf. les ordres donnés par Henri III • de securitate recipienda a Roberto Aguilon inimico Simonis de Monteforti » dans le Liber de antiquis legtbusj p. xxiv.

i. Rymer, à la date des 13 et 14 février.

2. 19 mars 1265. Ordre au shériff de Sussex d'envoyer quatre loyaux chevaliers du comté semondre Pierre de Savoie à Pevensey, Jean de Varenne à Lewes et Hugues Bigod à Boseham, de comparaître devant le roi et son conseil au premier Parlement de Londres (!«' juin). Tous ceux de leurs partisans qui consentiront à venir faire droit a ce Parlement auront un sauf-conduit. — Ordre identique au shériflF de Hèreford, pour Guillaume de Valence qui est à Brehendon, Rot. clatu., anno 49, m. 7.

vertement les lois, ils dédaignèrent de s'y rendre, et livrèrent leur cause au sort des armes.

La provocation était hardie; il fallait sans retard lui opposer des mesures énergiques. Par ordre du comte de Leicester et de ses fils, les gens des Cinq-Ports équipèrent des galies et autres bâtiments, et firent la course avec autant de cruauté que d'ardeur, arrêtant et pillant les marchands étrangers, jetant leurs ennemis à la mer * . Le jeune Simon, gouverneur de Porcester, fit saisir toutes les marchandises débarquées à Portsmouth et à Southampton ; peu de temps après, il était mis à la tête de toutes les forces militaires des comtés de Surrey et de Sussex, et chargé de mettre pour la troisième fois le siège devant Pevensey (9 juin 1265) '. Aux fidèles sujets du roi dans les ports de la Manche, on recommandait de surveiller les côtes avec le plus grand soin (9 mai) ; la comtesse de Leicester ellemême se rendait à Douvres , avec une suite nombreuse ', prenait le commandement de la place en l'absence de son fils Henri * et contribuait pour sa part à la défense en cul-

1 . 2 mars 1265. Ordre au jeune Simon, connétable du château royal de Porcester, de faire saisir tout ce qui vient d'arriver en vins, draps, cire, épiceries, dans les ports de Southampton et de Portsmouth, et de les carder en sûreté, jusmi'à ce que le roi y ait pris tout ce dont il a besoin. Bot, claus^ anno 49, m 9. — Du même jour, je citerai un acte où se trouve mentionné le dernier né des enfants de Simon de Montfort : « Mandatum est Johanni de Eyvill, justiciaro forrestarum ultra Trentam quod in forresta de Sirewod (Sherwood Forest. Nott.) faciat habere Ricardo de Monteforti ôlio S. de M. comitis L. decem damas et quinque damos vivos ad quemdam parcum suum inde instàurandum, de dono régis. » Ibid. — 9 mai. Ordre aux fidèles des ports de Douvres, Winchelsea, Romney, Rye, Hastings, Hythe, Sandwich, Faversham, Portsmouth et Southampton, de garder avec soin la côte, et d'empêcher toute troupe d'aventuriers venus du continent, d'aller rejoindre à Pembroke Jean de Varenne et Guillaume de Valence qui ont quitté le royaume à l'insu du roi, et qui viennent d'y rentrer avec 4 barques et 120 hommes, tant fantassins que cavaliers. Ibid., m. 6, d. Cf. la Chronique des maires de Londres, p. 73.

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