‹ Simon de Montfort, comte de Leicester: comte de Leicester, sa vie (120?-1265Chapitre 169 sur 232 · Ibid,, p · texte numérisé non relu

Ibid,, p

Henri III chargea douze commissaires de régler ces deux questions ; le projet de réforme qu'ils dressèrent fut approuvé par un Parlement réuni à Northampton le 26 octobre 1266, et sanctionné le 31 par le roi. Cet acte célèbre, connu sous le nom de « Dit de Kenilworth » , est à la fois l'épilogue et la condamnation de cette longue période de troubles que Simon de Montfort a remplie de l'éclat de ses triomphes et de ses revers*.

« Nous disons » y déclarent les commissaires (article 7) « que tous les écrits faits par le roi, le prince Edouard et les grands du royaume à l'occasion des Provisions d'Oxford, et pendant la guerre civile, à l'instigation de Simon de Montfort et de ses complices, doivent être annulés. »

— « Nous disons (article 1) que le sérénissime prince Henri, roi d'Angleterre, doit recouvrer en entier et exercer librement l'autorité et le pouvoir royal, ... et que tous doivent venir répondre en justice à la cour du roi, comme il était d'usage avant les derniers troubles. — Que le roi notre sire maintienne les concessions qu'il a faites jusqu'ici de son plein gré et sans contrainte. » Eh d'autres termes, on en revient au Dit d'Amiens ; ou plutôt, on rétrograde jusqu'à la neuvième année du règne de Henri III, où le roi jurait d'observer la Grande Charte et la Charte de la forêt.

— « Il y aura, dit l'article 5, amnistie pour tous les rebelles qui auront fait leur soumission avant quarante jours. » — « Il n'y aura pas (article 12) exhérédation, mais rachat. Ceux qui ont combattu contre le roi dans les rangs du comte de Leicester, ses baillis, ses officiers de tout ordre, paieront cinq années du revenu de leurs terres. A ce prix, on leur rendra la pleine jouissance de leurs biens. S'ils ne paient que la moitié, que le tiers de l'amende, la moitié, le tiers de leurs terres restera confisqué. » Quant à ceux qui ne voudraient pas subir ces conditions, que leur ré* servait-on? Ils devront (article 21) subir le jugement de la cour du roi avant le Parlement de la Saint-Hilaire (13 janvier); ceux qui refuseront de comparaître « seront traités en déshérités, comme on les appelle, et leurs biens à jamais confisqués » (article 39). Dure loi; maison ces

1. Le texte du dit de Kenilworth a été reproduit par Stubba, SHee Chariersy p. 419.

moments de furieuses représailles, une dure loi vaut mieux que nulle loi M

L'article 17 était réservé à la garnison de Kenilworth : « Qu'ils aient tous le bénéfice de la paix, sauf Henri de Hastings, et ceux qui ont mutilé le messager du roi. Ces derniers devront payer sept années des revenus de leurs terres, ou seront à la merci du roi. » Les assiégés n'acceptèrent pas ces conditions qu'ils n'avaient pas débattues. Le légat voulut s'interposer; il fut rebuté, et lança contre ces opiniâtres une sentence d'excommunication qui ne les toucha guère. Mais la famine faisait lentement son œuvre : le 8 novembre, la garnison demanda et obtint une trêve de quarante jours au bout de laquelle elle s'engageait à se rendre, si elle n^était pas secourue. Elle espérait encore en Simon de Montfort, mais le malheureux, réduit au triste métier d'écumeur de mer, n'était pas en état de tenir ses promesses, et la forteresse dut ouvrir ses portes (fin décembre 1266) •.

Il fallut encore toute l'année de 1267 pour réduire les « mécontents » réfugiés dans l'île d'Ely, repaire mieux défendu encore que celui d'Axholm ; mais enfin les derniers soulèvements de la guerre civile furent comprimés, et la tranquillité rétablie en Angleterre'.

L'article 8 du Dit de Kenilworth est ainsi conçu : « Nous prions humblement le légat d'empêcher, par contrainte ecclésiastique, que Simon de Montfort ne soit réputé saint ni juste par personne, puisqu'il est mort excommunié, et que les miracles que plusieurs lui attribuent, mais qui sont vains et faux, ne soient propagés par aucune bouche. Que le roi notre sire veuille faire la même défense, sous la menace de peines corporelles. » La plupart des auteurs contemporains parlent en effet du héros tombé au champ de bataille d'Evesham comme d'un martyr et rapportent que des miracles furent opérés, et sur son tombeau, et à l'endroit où il avait été si afireusement mutilé *. Un d'eux

1. Les biens furent rendus aux Déshérités en 1276; voy. Annales de Waverley, p. 386.

2. Rishanger, Chronicon de BeUis, p. 53-59. Annales de Wykes, 194-196.

3. Annales d'Osney, p. 206; de Wykes, p. 199-210. Chron. de Barthél. Cotton, p. 141.

Page 1